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Coup de froid sur l'industrie française
Voilà qui devrait alimenter les craintes des prévisionnistes concernant la reprise de la croissance française au second semestre. Après un début d'année plutôt maussade - le PIB a progressé de 0,2% seulement après 0,7% au dernier trimestre 2017 -, la Banque de France comme l'INSEE misaient sur une accélération de la conjoncture entre avril et juin, et sur une croissance de 1,7% sur l'ensemble de l'année, estimant que le ralentissement de début d'année était principalement dû à des facteurs temporaires.
Or, l'indice PMI dévoilé ce matin n'est pas de très bon augure pour le rebond attendu de l'économie française, puisqu'il a affiché un plus bas de 16 mois, soit son plus faible niveau depuis février 2017. L'indice s'est ainsi replié de 54,4 à 52,5, "indiquant un net ralentissement de la croissance depuis la fin de l'année 2017", précise ainsi IHS Markit.
Deux éléments de cette enquête sont un peu inquiétants concernant l'évolution de l'industrie française. Ainsi les entreprises françaises interrogées par IHS ont estimé que leur production avait ralenti en raison de la faiblesse de leurs carnets de commandes, les nouvelles demandes ayant atteint un plus bas de près de deux ans. Et, selon certaines entreprises, c'est leurs ventes à l'export qui ont particulièrement marqué le pas au mois de juin.
De quoi justifier la prudence de l'INSEE, qui, dans sa note de conjoncture de fin juin, citait les tensions commerciales entre le Etats-Unis et le reste du monde comme facteur susceptible d'affecter sa prévision de croissance pour la France à la baisse. Certes, il est encore un peu tôt pour expliquer le ralentissement des ventes à l'export de l'industrie française par les menaces tarifaires de Donald Trump (les hausses de droits de douane ne seront effectives qu'à partir du 6 juillet). Mais le climat de tensions a visiblement déjà affecté les relations entre les entreprises françaises et leurs clients étrangers.
L'évolution de cette composante de l'enquête dans les prochains mois sera déterminante pour savoir si la guerre commerciale américaine risque effectivement de grever le PIB français au second semestre.
Second élément de l'enquête un peu inquiétant pour l'industrie française : un taux d'inflation des coûts au plus haut depuis 4 mois, causé par la progression du prix de l'acier et de l'aluminium. Afin de protéger leurs marges, les fabricants ont par conséquent de nouveau augmenté fortement leurs prix de vente en juin. Un facteur qui ne devrait pas favoriser les ventes à l'export dans les prochains mois.
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