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exclusif La vente de Baccarat freinée par un activiste

EXCLUSIF. D'après des informations exclusives de WanSquare, Allan Green a décidé de bloquer la cession de la cristallerie à un investisseur chinois, faute d'informations suffisantes sur le déroulement de la vente.
Baccarat - verres
Baccarat - verres

Dans une publication en date d’hier, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a fait savoir qu’un recours en annulation a été déposé devant la cour d’appel de Paris au sujet du rachat par Fortune Fountain Capital (FFC) de la majorité des actions de Baccarat, et dont la date de clôture était initialement fixée au 4 janvier prochain. Après que WanSquare a mené l’enquête, c’est bien l’activiste Allan Green, fondateur du fonds Consellior, qui est derrière le recours.

Tout commence le 2 juin 2017 lorsque la société d’investissement chinoise FFC annonce déposer une offre pour le rachat de la cristallerie lorraine auprès des fonds Starwood Capital et Catterton. Un peu plus de quatre mois plus tard, les deux actionnaires annoncent la cession totale de leurs parts à FFC, soit 88,8 % des actions de Baccarat. Mais c’était sans compter sur la pugnacité d’Allan Green, qui voit d’un très mauvais oeil cette cession.

“L’information qui a été donnée aux autres actionnaires est insuffisante. Nous avons la sensation que ce groupe chinois, qui s’est porté acquéreur, ne nous donne pas toutes les informations dont nous devrions disposer, ni l’identité exacte de ceux qui contrôlent FFC”. Le reproche est triple : d’abord les actionnaires minoritaires n’auraient pas reçu suffisamment de renseignements sur les dirigeants de FFC, ensuite Allan Green conteste le prix de rachat, qui n’a jamais été réestimé depuis juin 2017. Enfin, l'activiste doute des capacités financières du prochain acheteur. L’action s’échangeait ce matin à 222,7 euros, et les derniers résultats semestriels ont montré une nette amélioration de la rentabilité du groupe, avec un résultat net positif pour la première fois depuis 2011.

Contacté par Wansquare, l’avocat d’Allan Green, Hervé Catteau, s’est exprimé sur le sujet : “quatre structures on shore m’ont été présentées, dont deux Hongkongaises et deux Luxembourgeoises, à la tête desquelles des actionnaires chinois, qu’il s’agisse tantôt de personnes physiques, tantôt de véhicules collectifs pour des fortunes chinoises ou européennes”. Et de poursuivre, “leurs comptes sont par ailleurs extrêmement mauvais, de sorte qu’il s’agit probablement d’un montage à effet de levier. Je soupçonne également une opération de blanchiment d’argent”. Voilà qui est dit.

Ce n’est pas la première fois que le franco-canadien Allan Green décide de perturber les projets de Baccarat. En 2012 déjà et alors qu’il détenait un peu plus de 5 % du groupe, il s’était opposé aux décisions prises d’une assemblée générale extraordinaire qui avait voté une hausse de capital réservée de 27,5 millions d’euros, par laquelle le fonds américain Catterton était devenu le deuxième actionnaire de Baccarat, avec 22 %. Allan Green ne voyait pas de raison de supprimer le droit préférentiel de souscription traditionnellement accordé aux actionnaires minoritaires, et dont il faisait et fait partie. Baccarat avait alors été assigné devant le Tribunal de commerce de Nancy par la société Consellior.

Pour rappel, Starwood avait récupéré en 2005 le groupe Taittinger qu'il a ensuite entrepris de vendre à la découpe. D'abord en cédant la maison de champagne, puis les parfums Annick Goutal, puis les palaces de la Société du Louvre (le Crillon et le Martinez), puis les hôtels de Louvre Hotels (Campanile, Première Classe, Kyriad), et dans peu de temps, il devrait se séparer de Baccarat. Le procureur de la Cour de Paris doit se prononcer le 31 décembre prochain sur le recours de l’activiste.

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