Professions financières / Activiste / activistes / Lazard / Barclays / M&A
Professions financières
Activiste / activistes / Lazard / Barclays / M&A
Les activistes dans les starting-blocks
Alors qu’ils montaient en puissance depuis plusieurs années, les investisseurs activistes ont mis la pédale douce sur leurs attaques lors de la crise du coronavirus. Le meilleur exemple est celui d’Edward Bramson du fonds Sherborne Investors, qui menait depuis un an une agressive campagne pour l’éviction du CEO de la banque britannique Barclays, Jes Staley, notamment en raison de ses liens avec le financier condamné pour prostitution, Jeffrey Epstein. Mais au moment du vote, l’activiste, qui détient 5,5 % de Barclays, a finalement voté en faveur de sa reconduction, reconnaissant les difficultés de management dans la situation actuelle. Les données mondiales de l’activisme confirment ce ralentissement lié à la crise du coronavirus : selon Activist Insights, 522 initiatives ont été lancées depuis le début de l’année, un chiffre en baisse de 16 % et le plus bas depuis 2015. Le nombre de campagnes sur des cibles américaines de plus d’1 milliard de dollars de capitalisation boursière a même chuté de 50 % à 32, les investisseurs leur préférant des cibles plus petites.
Mais il s’agit davantage d’une pause que d’un quelconque ralentissement du phénomène. Dotés eux aussi d’un important trésor de guerre – la fameuse poudre sèche – les activistes affûtent leurs armes pour repasser à l’action dès que la poussière de la crise sera retombée, et les premiers dégâts visibles. Déjà, le marché s’active, avec 16 nouvelles campagnes pour 3,3 milliards de dollars en mai dernier selon Lazard, soit le double d’initiatives par rapport à avril. Mais c’est surtout à l’occasion des publications des résultats semestriels, fin juillet, que les activistes devraient réactiver leurs dossiers ou lancer de nouvelles attaques. Alors que le PIB pourrait reculer de 13 % dans la zone euro et même de 53 % en rythme annuel aux États-Unis, les entreprises vont publier des performances dégradées par une crise aussi brutale que violente.
Tout cela devrait donner du grain à moudre aux activistes pour réclamer des virages stratégiques, changements de gouvernance et autres cessions d’actifs. Ces derniers seront sans aucun doute les premiers à soutenir des opérations M & A et de consolidation, en particulier dans les secteurs les plus touchés par la crise. Mais aussi à donner de la voix pour faire acter des entrées aux boards de leurs cibles, notamment en faveur de la diversité sur fond du mouvement Black Lives Matter.
Du côté des conseils auprès des entreprises, le constat est évident : les activistes s’agitent pour tirer parti de la fenêtre de tir qui va s’ouvrir avec ces publications semestrielles. Plus que jamais, les entreprises doivent donc mieux s’armer pour anticiper et répondre rapidement à ces attaques. C’est l’objectif du nouvel outil que vient de lancer UBS : une base de données digitale appelée GUARD (Global Utility for Activism Risk and Defence), qui permet aux corporates d’évaluer leur risque d’être identifié comme cible de la part d’un activiste grâce aux informations de 5 000 campagnes et 220 millions de données. Elle rejoint ainsi Citi, JP Morgan, Goldman Sachs, et bien sûr Lazard côté boutiques, qui offrent également leurs services pour la défense des entreprises face aux activistes. Pour laquelle le big data est de plus en plus précieux.
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