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Activisme : le marché mûrit en Europe

Selon les données de Lazard, l’activisme garde le vent en poupe avec 99 campagnes au premier semestre, même s'il n'atteint pas le record de 2018. Surtout, les activistes se focalisent désormais sur de plus petites cibles en Europe, signe que le marché évolue.
Lazard
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Comme tous les trimestres, Lazard s’apprête à publier son rapport semestriel sur l’activisme, qui intègre de précieuses données sur les tendances de ce marché encore neuf et changeant. Les investisseurs activistes n’ont pas chômé au premier semestre, avec 99 campagnes mondiales pour un total de 22 milliards de dollars. Ces chiffres sont certes en baisse de 25 % en volume et même 50 % en valeur sur un an par rapport au millésime exceptionnel de 2018, mais en ligne avec le rythme des cinq dernières années. Ils semblent démontrer que le marché est à la fois en train de se structurer et de se diversifier.

Les activistes ont ainsi mieux défini leurs causes : les M&A bien sûr, qui sont les thèmes abordés dans 46 % de leurs campagnes contre seulement un tiers en moyenne sur cinq ans. Autre aspect intéressant, ils ne font pas qu’inciter à des rapprochements ou spin-off afin de dégager de la valeur de leurs cibles, ils sont aussi plus enclins à s’opposer à des fusions auxquelles ils n’adhèrent pas. Cela a par exemple été le cas pour le mariage entre Occidental et Anadarko dans le pétrole américain, ou encore celui d’United Technologies et Raytheon pour créer un géant américain de l’aérospatiale et défense.

Par ailleurs, ces actionnaires remuants se montrent plus pacifistes et ouverts aux compromis. Cela se manifeste dans les changements de board et de gouvernance qu’ils réclament, puisque sur les 81 sièges d’administrateurs qu’ils ont obtenus au premier semestre, cela a été le fruit d’un accord avec la société concernée dans 91 % des cas. Certes, la durée de vie des CEO reste impactée par ces acteurs : 19 % d’entre eux quittent leur poste dans l’année suivant l’entrée d’un activiste, contre 12 % pour celles qui ne subissent pas ce type de pression, selon Lazard.

Signe de maturation, les activistes continuent à explorer les autres zones géographiques que les US. Mais alors qu’ils étaient particulièrement prolifiques en Europe, le rythme s’est ralenti au premier semestre : 19 campagnes pour un total de 4,4 milliards de dollars. Ils se lancent désormais à l’assaut de plus petites cibles : 37 % d’entre elles ont entre 500 millions et 1 milliard de dollars de capitalisation boursière, devant celles de 1 à 10 milliards (26 %) alors que la situation était inverse entre 2016 et 2018. En France, l’épisode du trimestre a bien sûr été l’affaire Renault, où l’activiste CIam a envoyé une lettre au board du constructeur français pour s’opposer à sa fusion avec Fiat Chrysler, abandonnée plus tard. Et chez Essilor-Luxxotica, un groupe de sept investisseurs dont Fidelity a réclamé deux sièges au conseil, dans le cadre de désaccords sur la succession du CEO, qu’il n’a pas obtenu en AG.

Si Elliott reste le plus actif sur les large caps en Europe avec notamment des opérations sur les allemands Bayer et SAP, et a déployé le plus de capitaux globalement avec 17,4 milliards de dollars, c’est Starboard qui remporte la palme des campagnes au premier semestre, avec pas moins de 10 nouvelle cibles en vue. Mais il ne faut pas oublier les gérants passifs comme Vanguard, BlackRock et State Street qui, de plus en plus, demandent à être entendus par leurs participations sur des sujets corporates mais aussi d’ESG.

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