Sur les marchés / Loi Pacte / activistes / ventes à découvert
Sur les marchés
Loi Pacte / activistes / ventes à découvert
Qui arrêtera le ball-trap des activistes contre les entreprises françaises ?
Qui osera siffler la fin de la partie ? Depuis quelques mois les fonds activistes, qui sont soit des fonds vautours, soit des hedge funds, repèrent une entreprise, vendent ses titres à découvert, en se coordonnant bien sûr, dans une forme d’action de concert, font chuter les titres de 20 ou 25 % et rachètent les actions qu’ils ont vendues sans les avoir, encaissant au passage un joli bénéfice.
Les ventes à découvert ont toujours existé. Elles sont également un moyen de couverture, qu’il n’est évidemment pas question d’interdire ou de limiter. Ce qui est nouveau et grave, c’est quand des fonds s’acharnent sur des proies comme c’est le cas actuellement sur Casino, Vallourec, Ingenico ou Bic en France, Marks and Spencer ou Debenhams au Royaume-Uni, Nyrstar en Belgique et naturellement Altice Europe au Pays-Bas.
Leur méthode est simple. Elle consiste à repérer des entreprises plus endettées que la moyenne, à faire courir des bruits sur leur véritable capacité à honorer les échéances, de manière à faire sauter les covenants et entraîner une chute boursière. Tout cela en se coordonnant. Puisqu’il suffit d’une dizaine de fonds activistes pour faire plonger un titre. Et sous le regard totalement désarmé des autorités de marchés qui se contentent d’enregistrer les déclarations de ventes à découvert comme un simple greffier.
Ce poison est aussi dangereux que les rumeurs d’OPA qui mettent en danger des grands groupes tricolores non contrôlés comme Schneider, Danone ou Valeo. Il y a quelques années à la suite d’une spéculation effrénée de Pepsi-Cola contre Danone, les pouvoirs publics avaient enfin réagi en dressant une liste des entreprises stratégiques qui ne pouvaient faire l’objet d’une OPA. Il serait bien que ces mêmes pouvoirs publics trouvent le moyen aujourd’hui de réguler ces fonds activistes, autrement qu’en dénonçant leurs tweets. Car l’enjeu, c’est à la fois la bonne marche des entreprises concernées, la réputation de sécurité de la Place de Paris et la protection des actionnaires individuels. C’est au moins aussi important que certaines des mesures de la loi Pacte, actuellement en discussions à l’Assemblée.
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