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L’hécatombe des hedge funds en 2018
L’année 2018, qui aura été la plus sanglante pour le S&P 500 depuis la crise financière, aura aussi été particulièrement difficile à naviguer pour les hedge funds. Les premiers bilans sortent, et ne sont pas glorieux pour la classe d’actifs : l’indice Global hedge fund de Hedge Fund Research s’inscrit en baisse de 6,7% en 2018, et de 4,1% en pondérant du poids de chaque acteur, soit leur plus mauvaise performance depuis 2011. Selon ce baromètre, le fonds londonien Odey Asset Management, dirigé par Crispin Odey, est le grand gagnant de ce millésime, puisqu’il a retourné pas moins de 53% à ses investisseurs. Parmi les grands noms dans le vert, on retrouve également le fonds macro Pure Alpha de Bridgewater Associates, en hausse de 14,6% sur l’année, tandis que le fonds multi-stratégie de Citadel Wellington a gagné 9,1%.
Dans ce même indice HFR, l’activiste Carl Icahn tombe légèrement dans le rouge, son fonds Pershing Square reculant de 0,7% l’an passé. Mais les véritables bonnets d’âne sont à attribuer à Third Point Offshore, le fonds event-driven de Dan Loeb qui chute de 11% en 2018, et surtout à David Einhorn et son véhicule long-short equity chez Greenlight Capital, qui s’enfonce de 34% sur ce même exercice, soit la plus mauvaise performance depuis sa création il y a 22 ans !
Les chiffres ne sont guère plus reluisants selon les statistiques relayées par HSBC. Le groupe d’investissements alternatifs, qui suit les rendements de 450 hedge funds, relève que seuls 16 d’entre eux sont dans le vert pour 2018. La plus mauvaise performance est signée par le fonds long-short equity du fonds suisse Entrepreneur Patners, Trias, qui a trébuché de 26,7% sur l’année. Toujours du côté suisse, c’est GAM qui a été à la peine l’an passé, son fonds quantitatif GAm systematic Cantab ayant perdu 23,1% tandis que le fonds macro a reculé de 16%, forçant la maison-mère à annoncer un profit warning.
BlackRock a également été à la peine sur son fonds BSF European Diversified Equity Absolute Return, qui chute de 19,9%. Le plus gros gérant d’actifs au monde, avec 6 440 milliards de dollars sous gestion, a attribué cette contre-performance aux tensions commerciales, à la trajectoire de hausse des taux US et à l’incertitude concernant un possible retournement de cycle, qui ont impacté les sociétés fortement exportatrices de son fonds. C’est enfin aussi l’exposition à la Chine qui a coûté cher à Schroders, dont le fonds GAIA Indus PacifiChoice a été en baisse de 16,7% en 2018. A l’inverse, le fonds macro quantitatif de l’américain Graham Capital a été le meilleur élève de la classe, en hausse de 15,1% l’an passé.
Cette forte divergence des rendements montre que pour justifier des fees élevés au regard de leurs concurrents, les hedge funds prennent des positions toujours aussi risquées, quitte à ce que cela se retourne sérieusement contre eux. Aucune taille ni segment de jeu n’est épargné : selon eVestment, les 10 plus gros hedge funds ont en moyenne reculé de 4,5% l’an passé, soit une plus mauvaise performance que le S&P 500. Les fonds long-short, les plus nombreux, ont abandonné 6,8% tandis que les activistes, qui ont eu le vent en poupe et sont de plus en plus actifs, ont déchanté, en baisse de 13,3%.
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