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Le président de la première banque mondiale prend la tête du régulateur boursier chinois
Liu Shiyu n'aura pas fait très long feu à la tête du régulateur boursier chinois. Nommé en février 2016 après le krach boursier de 2015, afin de mettre de l'ordre dans le système financier du pays et éviter qu'un tel épisode d'effondrement ne se reproduise, Liu Shiyu n'a visiblement pas fait suffisamment aux yeux des investisseurs, après une nouvelle chute du principal indice chinois de 25 % l'an dernier. Cet ex-banquier qui fut président d'Agricultural Bank of China a été remplacé vendredi par un autre financier de renom : Yi Huiman, président d'ICBC (Industrial and Commercial Bank of China), la plus grosse banque d'État du pays, également première banque du monde en termes de bilan (3.760 milliards de dollars à fin 2017 selon S&P) et de chiffre d’affaires (642 milliards de dollars).
Si aucun communiqué n'a été publié sur le site du régulateur boursier chinois pour annoncer le changement, l'organigramme de la China Securities Regulatory Commission (CSRC) mentionne bien Yi Huiman comme président, depuis le 26 janvier.
Diplômé du Hangzhou College of Electronics, de la Hangzhou Financial Management Cadre School et titulaire d'un master en Executive Business Administration de la Guanghua School of Management au sein de l'université de Pékin, Yiu Huiman, 54 ans, a commencé sa carrière à la ICBC en 1985, où il occupe différents postes managériaux au sein de branches locales et avant d'être nommé vice-président et directeur exécutif de la banque en 2005. Nommé président en 2016, il est réputé favorable à un renforcement du contrôle des risques au sein de l'industrie financière.
Le départ de Liu Shiyu fait suite à de nombreuses critiques concernant sa gestion trop interventionniste du régulateur boursier chinois, qui aurait découragé nombre d'entreprises de se lister sur le marché et d'utiliser ce biais pour se refinancer. Les géants Baidu, Alibaba et JD.com ont ainsi toutes trois préféré se coter à Wall Street que dans leur propre pays, en raison notamment de réglementations trop contraigantes. La rumeur de son départ a d'ailleurs fait grimper les principaux indices du pays la semaine dernière. La Chine, qui a affiché l'an dernier son plus faible taux de croissance, sur fond de guerre commerciale avec les États-Unis, aura en tout cas certainement besoin d'un coup de pouce des autorités monétaire et politique cette année, pour éviter un ralentissement trop brutal et un nouvel effondrement des marchés boursiers. Le nouveau président de la CSRC, de son côté devrait chercher à accroître l'autonomie et l'indépendance de son institution à l'égard des officiels chinois, afin d'attirer davantage de capitaux étrangers sur le marché du pays. Parmi l'un de ses premiers chantiers, l'encadrement de la plateforme Shanghai London Stock Connect dont le lancement était initialement prévu début décembre, et qui a été décalé à début 2019.
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