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General Electric / Larry Culp
Le très beau coup du patron de General Electric
Le “Deal Monday” a été à la hauteur des attentes des investisseurs américains ce jour : General Electric a annoncé la vente de sa filiale de biopharma, qui fournit des produits et des services pour la recherche pharmaceutique et le développement de traitements, à Danaher pour 21,4 milliards de dollars. Cette annonce est emblématique car elle est la première preuve que vient d’apporter le CEO Larry Culp, en place depuis octobre dernier, de sa capacité à délivrer sur le plan de cessions d’actifs du conglomérat américain.
Du côté des chiffres, le dirigeant, qui connaît bien l’acheteur puisqu’il a été lui-même le CEO entre 2001 et 2014, a réussi une belle transaction financière. La filiale de biopharma, qui génère 3 milliards de dollars de revenus annuels, est vendue pour sept fois ses revenus et même 17 fois son Ebitda. Mais surtout, l’opération est favorable aux deux parties : Danaher, qui cherchait à se renforcer dans cette activité depuis plusieurs années et avait déjà sollicité GE, met la main sur un actif en croissance et rentable. Et de son côté, General Electric fait rentrer une somme conséquente d’argent en cash dans ses caisses, ce qui va lui permettre de réduire sa dette colossale, qui s’élève à plus de 100 milliards de dollars.
Pour réduire son leverage, General Electric s’était engagé à faire rentrer 30 milliards de dollars dans ses caisses, via la fusion de sa filiale de transport avec Wabtec (11,1 milliards de dollars), la vente de parts dans le groupe pétrolier Baker Hughes (4 milliards de dollars) mais aussi la vente de la moitié de sa division de santé, via une IPO. Or, cette dernière option n’est plus une réelle urgence car le CEO a jugé plus valorisante la vente d’une partie de cette activité, la biopharma. "L’IPO de notre activité santé était le plan A. Mais nous avons reçu de nombreux appels pour la biopharma et cela est le meilleur chemin", a-t-il expliqué ce matin.
De fait, GE est à la vente ici mais achète aussi ce qui est le plus précieux : du temps, pour relâcher la pression et décider sur l’avenir de sa filiale santé en bonne intelligence. C’est la logique du CEO, premier dirigeant à arriver de l’extérieur dans l’histoire de GE, qui montre ici sa capacité à délivrer sur ses engagements en quelques mois seulement. Et à changer la perspective sur GE : "Nous sommes sur un meilleur pied", pour que "les gens ne nous voient pas comme un vendeur désespéré", a-t-il fait valoir.
Et la nouvelle a été applaudie des deux mains par les marchés. Le titre GE a bondi de 18 % en début de séance, avant de revenir à une hausse de 9 % à la mi-journée, soit tout de même un gain de près de 9 milliards de dollars de capitalisation boursière. De l’autre côté, Danaher a lui aussi vu son titre grimper de près de 8 % car il a annoncé, dans la foulée de cette acquisition, sa volonté de mettre en Bourse son activité dentaire et de lever 3 milliards de dollars par cette occasion. De quoi relancer le marché des IPO américaines.
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