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General Electric / GE / conglomérat
General Electric organise sa fin
Une page se tourne définitivement pour General Electric (GE), le conglomérat qui, depuis sa fondation en 1892, a contribué à façonner Corporate America. Alors qu’il a déjà subi une cure d’amaigrissement sévère depuis la crise financière de 2008, GE a annoncé hier sa séparation en trois entités indépendantes cotées.
Concrètement, l’entreprise historique va se recentrer dans l’aviation – GE est notamment le premier motoriste au monde. L’activité, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 22 milliards de dollars l’année dernière, a été durement frappée par la crise sanitaire, qui a cloué au sol les avions et, de ce fait, les commandes des compagnies aériennes. Par ailleurs, son activité dans les équipements de santé GE Healthcare, qui a réalisé 17 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2020, sera introduite en Bourse début 2023 et GE conservera 19,9% de son capital. Les filiales GE Renewable Energy, GE Power et GE Digital, qui cumulaient 33 milliards de dollars de revenus l’année dernière, seront, elles, regroupées ; ce nouvel ensemble consacré à l’énergie en sens large sera introduit en Bourse début 2024. Les investisseurs ont positivement réagi à la nouvelle : l’action GE s’adjugeait plus de 8% à New York peu après l’annonce. Le groupe capitalise un peu plus de 120 milliards de dollars.
Le titre du conglomérat se traînait notoirement en Bourse depuis des années. Le sujet d’un démantèlement de GE est d’ailleurs ancien – ses administrateurs discutaient de l’introduction en Bourse de GE Healthware au moment de l’arrivée de Larry Culp au poste de président-directeur général en 2018. Sa mission était de redresser la situation tant financière que boursière du groupe – mais il avait décidé de remiser l’idée. Répondant au Wall Street Journal, Larry Culp explique que les efforts de GE pour redresser ses activités et réduire sa dette avaient suffisamment avancé pour envisager une telle opération.
Le directeur général actuel restera à la barre de l’ensemble jusqu’à la seconde scission puis dirigera les activités d’aviation. Peter Arduini sera nommé DG de GE Healthcare au 1er janvier 2022. Scott Strazik restera à la tête des activités dans l’énergie, tandis que John Slattery dirige pour l’instant toujours GE Aviation.
Les décennies 2010 et 2020 sont l’histoire d’une longue attrition pour GE. Tout a commencé au moment de la crise financière, qui a plombé sa filiale GE Financial, à l’époque un mastodonte au sein du conglomérat. Ce dernier a été poussé à la dépecer progressivement à partir de 2009, jusqu’à la vente de sa filiale de location d’avions GECAS pour 30 milliards de dollars à AerCap l’année dernière. Les cessions ont continué tout au long de la période. Par exemple : la vente de GE Water à Suez en 2017, la vente d’une partie de ses équipements de distribution électrique à ABB en 2017, celle de son activité éclairage dans la zone Emea dans le cadre d’un management buy-out, de son activité biopharma (équipements et services pour les biotechs) à Danaher en 2019 et celle d’une partie de sa participation dans Baker Hughes (le faisant passer la barre des 50% du capital).
Les conglomérats ont toujours eu la vie dure en Bourse. La période actuelle de profonds changements (vers les énergies renouvelables, la numérisation, l’intelligence artificielle…) a déjà poussé certains d’entre eux à prendre des décisions plus ou moins radicales, comme l’allemand Siemens (qui s’est séparé de ses activités de santé en 2018 puis dans l’énergie en 2020), ou l’américain Honeywell.
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