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SoftBank porte le poids des déboires de la Tech sur ses épaules / Exit les paris imprudents, cap sur une gestion plus stricte

Le conglomérat japonais a enregistré une perte nette de plusieurs milliards d’euros au dernier trimestre de 2022. C’est l’unité d’investissement de SoftBank, Vision Fund, qui a tiré la performance à la baisse. En cause : des investissements dans des entreprises technologiques mises à mal par l’année 2022.
SoftBank (©Budrul Chukrut / SOPA Images/)
SoftBank (©Budrul Chukrut / SOPA Images/)

Les mauvaises performances de la Tech en 2022 ont entraîné SoftBank dans leur sillage. C’est une perte nette de 5,5 milliards d’euros (783 milliards de yens) qu’a enregistrée le conglomérat japonais au quatrième trimestre de son exercice 2022. Dans la lignée des trois trimestres précédents, ses fonds d’investissement Vision Fund 1 et 2 ont enregistré une perte de 4,6 milliards d’euros (660 milliards de yens). Un résultat bien en deçà des estimations des analystes du consensus Bloomberg, qui tablaient sur un bénéfice trimestriel de 1,42 milliard d’euros (200 milliards de yens), grâce, entre autres, à la récente remontée en Bourse de la société de VTC Didi Global ou de celle de livraison et mobilité Grab, dont il est actionnaire.

Mais la stratégie d’investissement de SoftBank, pour ses fonds Vision Fund 1 et 2, est mise à mal par le contexte macroéconomique. Elle repose sur le fait de parier sur des entreprises technologiques et des start-ups, dont les belles réussites viennent pallier les pertes enregistrées par celles qui ne décollent pas. Exemple probant de l’efficacité de la stratégie, le désormais géant chinois de l’e-commerce Alibaba, qui a notamment qui a contribué à bâtir la réputation du fondateur et directeur général emblématique de la firme, Masayoshi Son.

 

Un milliard comme critère

 

Mais les temps ont changé. La remontée des taux d’intérêt et la contraction des perspectives de croissance ont affaibli les marchés boursiers, entraînant la baisse du cours des actions de nombreuses sociétés cotées, justifie SoftBank. Les participations de Vision Fund 1 ne représentent, par exemple, plus que 18,6 milliards d’euros contre les 29 milliards d’euros initialement investis. Le contexte macroéconomique a aussi pesé sur les entreprises non cotées du portefeuille de l’unité Vision Fund (311 sur les 348 investissements à fin décembre).

Pour se redresser, SoftBank semble vouloir effectuer un changement de cap dans sa stratégie : plus de paris trop ambitieux et une gestion plus stricte. Par ailleurs, le groupe a d’ailleurs indiqué que près de la moitié de ses investissements était désormais orientée vers des start-ups au chiffre d’affaires avoisinant 1 milliard d’euros.

Le groupe compte aussi sur l’introduction en Bourse d’ARM, propriété du groupe japonais depuis 2016 et qui détient plus de 95 % du marché des principales puces de communication pour appareils mobiles. Il est considéré comme le joyau stratégique du conglomérat japonais et Masayoshi Son avait d’ailleurs annoncé en novembre se mettre en retrait afin de concentrer d’ARM. L’introduction en Bourse est visée d’ici à fin 2023, même si les vents contraires auxquels est soumis le secteur de la technologie pourraient peser sur sa croissance.

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