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Publications, Résultats / Rémy Cointreau / cognac / Chine / Résultats

Publications, Résultats
Rémy Cointreau / cognac / Chine / Résultats

Rémy Cointreau compte modérer les effets de son exposition au cognac / Une publication semestrielle contrastée

Le groupe spécialisé dans le cognac, les liqueurs et les spiritueux reste, comme ses confrères, dans l’attente du dénouement de l’affaire des mesures de rétorsion chinoises sur les importations de brandys européens. Si ces droits de douane venaient à être confirmés, Rémy Cointreau assure qu’un plan d’actions sera activé pour en atténuer les effets à l’avenir. Pour l’heure, le contexte économique et géopolitique complexe a logiquement pesé sur son activité, mais le contrôle des coûts engagé aura permis de préserver sa marge opérationnelle courante.
Rémy Cointreau XO (Photo by Zheng shuai / Imaginechina / Imaginechina via AFP)
Rémy Cointreau XO (Photo by Zheng shuai / Imaginechina / Imaginechina via AFP)

Alors que la Commission européenne vient de saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC), afin de contester la décision de la Chine d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les brandys européens, Rémy Cointreau estime qu’en l’état des choses, les conséquences devraient être limitées pour son exercice en cours. Il faut dire, pourtant, que le groupe est particulièrement exposé au cognac : l’eau-de-vie a représenté 343 millions d’euros de son chiffre d’affaires au premier semestre 2024-2025, sur les 535,3 millions d’euros générés au total. Soit un recul de 17,5 % en organique à fin septembre pour une division pesant pour près des deux tiers de son activité semestrielle.

Pour les cognacs de l’entreprise, regroupés sous la marque Rémy Martin, le ministère du commerce de la République Populaire de Chine (MOFCOM) a fixé les droits additionnels provisoires à 38,1 %. Forcément, le groupe conteste la méthodologie de calcul de ces droits, qui ne reflète "pas son modèle d’exportation orienté sur un segment haut de gamme". Rien à signaler pour l'instant, à part quelques maigres frais juridiques et administratifs externes. "Si ces droits provisoires étaient confirmés, l’impact serait marginal pour l’exercice 2024-2025 et le groupe activerait son plan d’actions pour en atténuer les effets à partir de 2025-2026", prévient Rémy Cointreau.

 

Dégâts limités

 

Sans donner davantage de détails sur la teneur de ce plan, celui en cours vise entre autres à gérer plus strictement les coûts. Il avait représenté 145 millions d’euros l’exercice dernier et un autre, de 50 millions d’euros d’efforts, sera engagé en 2024-2025. Son déroulé actuel aura d’ailleurs permis à l’entreprise de compenser en partie l’effet de la forte baisse de son activité sur son résultat opérationnel courant (ROC) et sur sa marge correspondante. De fait, le chiffre d’affaires de Rémy Cointreau a reculé de 15,9 %, en variation organique, sur un an. Le résultat d’une baisse des ventes particulièrement marquée du côté de la division de cognac, ayant subi une perte de plus de 14 % de ses volumes.

Cette performance reflète la poursuite des ajustements de stocks dans la région Amériques, dans un marché toujours affecté par une normalisation de la consommation, des taux d’intérêt élevés ou encore une activité promotionnelle soutenue. Une région qui a aussi pesé sur la division de liqueurs et de spiritueux, qui voit  quant à elle son chiffre d’affaires baisser de 12 %, à raison d’un recul similaire sur le plan des volumes. Le ralentissement de la catégorie whisky y aura mis son grain de sel, tout comme une moindre consommation en Asie du Sud-Est.

Ces évolutions se sont donc traduites dans celle du ROC, pointe Rémy Cointreau. Mais bien qu’en baisse de 17,6 % sur un an, à 147,3 millions d’euros, il ressort supérieur aux attentes du consensus des analystes. Il tablait de son côté sur un niveau de 134,3 millions d’euros et une variation négative de 20,6 %. À 27,6 %, la marge opérationnelle a donc subi un pincement limité de 0,5 point. "Dans un contexte économique et géopolitique complexe, Rémy Cointreau a su préserver sa marge au 1er semestre grâce à une gestion rigoureuse des coûts et une organisation désormais plus agile", a souligné le directeur général du groupe, Eric Vallat, à l’occasion de la publication.

 

Préparer la suite

 

Si la reprise aux États-Unis s’annonce lente, certains signaux encourageants sur le cognac ou la résilience des liqueurs et des spiritueux confirment par ailleurs la pertinence de la stratégie de prix menée avec "fermeté" par Rémy Cointreau, a assuré son patron, tandis que des parts de marché ont été gagnées de nouveau en Chine, malgré l’incertitude régnant sur le pays. Le plan d’économies sera poursuivi, mais il est "impératif de garder le cap et le temps est venu de se préparer à la reprise. C’est pourquoi, dès le second semestre, certains investissements marketing seront réintroduits pour accompagner les pics d’activité aux États-Unis et en Chine", a annoncé Eric Vallat.

Même si ces derniers ne sont pas prévus pour tout de suite. Pour l’heure, le groupe n’envisage pas de reprise de croissance avant le quatrième trimestre de son exercice dans les Amériques, prévoit une détérioration séquentielle des ventes au second semestre dans la région Asie-Pacifique et la poursuite d’une consommation en demi-teinte en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. En conséquence de quoi, un recul organique du chiffre d’affaires compris entre 15 % et 18 % est attendu en 2024-2025. La marge opérationnelle courante (MOC) devrait, de son côté, se situer dans une fourchette allant de 21 % à 22 %, contre 25,5 % en 2023-2024. Cet exercice devrait en être un de transition, rappelle Rémy Cointreau, confirmant néanmoins l’objectif d’une MOC de 33 % à l’horizon 2029-2030.

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