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Entreprises / Actions / General Electric / Larry Culp / Restructurations

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General Electric / Larry Culp / Restructurations

Les maux profonds de General Electric

Le titre General Electric a perdu 4,4 milliards de dollars en Bourse hier, après que son CEO Larry Culp a annoncé que le cash-flow industriel du conglomérat serait encore négatif en 2019. Le renouveau tant attendu par les investisseurs prendra plus de temps que prévu.
General electric - logo
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Il y a tout juste une semaine, le patron de General Electric depuis six mois annonçait la première cession d’envergure de son mandat : la vente de sa filiale de bipharma à Danaher pour 21,4 milliards de dollars. Une cession à bon compte qui lui évitait en outre de devoir organiser la longue et complexe IPO de son activité de santé, en tout cas à court terme. Mais quelques jours plus tard, le charme opéré auprès des investisseurs est rompu. Lors d’une conférence industrielle organisée par JP Morgan, Larry Culp a reconnu que le cash-flow industriel du groupe serait négatif en 2019, expliquant qu'"il s’agit d’un redressement dans la partie énergie de plusieurs années". Pour sa première intervention à ce type d’événement depuis son entrée en fonction, le dirigeant n’a donc pas cherché à enjoliver les choses, expliquant "je ne veux pas enrober cela d’aucune manière ou de quelque forme que ce soit. Il y a beaucoup de travail. C’est un jeu de petits pas".

La nouvelle n’a logiquement pas été appréciée par les marchés, qui ont fait chuter le titre de près de 5 % mardi, soit 4,4 milliards de dollars partis en fumée en une séance. Pour rappel, le cash-flow industriel de General Electric avait atteint 4,5 milliards de dollars l’an passé. Ce dernier a promis de monter en charge les efforts de restructuration cette année afin, selon ses mots, d'"arracher" le plus d’économies de coûts possibles cette année. De façon à ce que, selon les projections du patron, les cash-flows du groupe s’améliorent en 2020 et 2021. Le management devrait donner des projections financières actualisées à ses investisseurs le 14 mars prochain.

Jeff Immelt, qui est resté 16 ans à la tête du conglomérat est parti en 2017, et a laissé un groupe en mauvaise posture, en raison de plans d’investissement coûteux et de prévisions trop optimistes. Son successeur John Flannery n’aura tenu qu’un peu plus d’un an à la tête de l’entreprise, avant que les investisseurs ne s’impatientent face à la lenteur du redressement. Sitôt arrivé, Larry Culp, premier dirigeant externe à être nommé CEO de General Electric en octobre dernier, n’a eu d’autre choix que d’annoncer la réduction du dividende trimestriel à un cent. L’action finit l’année 2018 au plus bas, et a alors perdu 75 % de sa valeur, soit 200 milliards de dollars de capitalisation boursière en deux ans.

Mais le mois dernier, le dirigeant adresse une lettre aux investisseurs, expliquant le recentrage sur quatre métiers, les initiatives pour redresser les cash-flows et retrouver un niveau de dividende décent. Et passe à l’acte immédiatement, en annonçant une cession d’actifs permettant de faire rentrer plus de 21 milliards de dollars dans les caisses. Mais la réalité des faits l’a rattrapé : la division énergie, issue de la fusion catastrophique avec Alstom, a perdu 2,7 milliards de dollars l’an passé, et ses pertes devraient encore s’aggraver cette année, en pleine restructuration. Sans parler de l’assainissement de GE Capital, à qui il va allouer 4 milliards de dollars cette année. Un lourd tribut à court terme, mais nécessaire pour sauver l’ancien fleuron industriel.

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