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EDF cherche à recoller les morceaux du nucléaire français
En attendant que son principal actionnaire, l’Etat français, trouve une solution à une refonte qui satisfasse aux exigences de la Commission européenne, EDF poursuit ses arbitrages dans le nucléaire.
Après avoir vendu ses parts dans la société américaine CENG, qui scelle ses ambitions de développer cette énergie outre-Atlantique face à la concurrence du pétrole et gaz de schiste, le producteur d’électricité a rendu public l’existence de négociations avec l’américain General Electric concernant les activités nucléaires de sa filiale GE Steam Power, acquises en 2015 auprès d’Alstom.
"Le groupe EDF est engagé dans des discussions exploratoires avec GE relatives à une éventuelle transaction concernant les activités nucléaires de GE Steam Power. Dans le cadre normal de ses activités, EDF évalue en permanence ses options stratégiques. GE étant l'un des partenaires clés d'EDF dans le nucléaire, EDF est en cours d’analyse des conditions dans lesquelles les intérêts du groupe EDF pourraient être préservés. Il n'y a aucune certitude quant à l’aboutissement de ces travaux et discussions exploratoires", explique le géant public français après ses premières déclarations à l’Agence France-Presse. GE a également confirmé l’existence de telles discussions en des termes similaires.
L’opération serait une issue heureuse pour une partie des activités énergies d’Alstom (Alstom Power Systems et Alstom Grid), vendues en 2015 sous le coup de relations tendues entre Alstom et les autorités américaines. GE comptait 16.000 employés dans l’Hexagone en 2015 et déclarait à l’époque vouloir en créer 1.000 de plus. Mais les plans sociaux se sont en effet succédé ces dernières années et les filiales françaises du conglomérat américain en comptent désormais entre 12 et 13.000 après des cessions et des restructurations.
GE Steam Power (fabricant principalement les turbines à vapeur "Arabelle") représente un peu moins de 2.000 emplois, pour un chiffre d’affaires de 392 millions d’euros en 2019 (source société.com). En décembre dernier, GE Steam Power avait annoncé une réorganisation, qui prévoyait 238 suppressions d'emplois, nombre finalement réduit à 144.
Alors que la vente d’Alstom Power avait suscité d’importants remous, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire s’est, sans surprise, réjoui de la nouvelle. Ce "projet bienvenu […] marque notre soutien à l'énergie nucléaire et notre détermination à renforcer notre indépendance nationale", a-t-il déclaré à la sortie du Conseil des ministres. Reste à évaluer les risques liés à l’opération : EDF étant client de GE Steam Power, son initiative pourrait refroidir les autres clients de la filiale.
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