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Martin Vial, Bercy, Agence des participations de l'État

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L'État-actionnaire défend sa souveraineté économique

La crise sanitaire a obligé l'Agence des participations de l'État à agir pour protéger l'économie française et infléchir ses actions tant que le retour à la normale ne sera pas acté. Ce qui n'est pas sans conséquence sur les dossiers touchant à la souveraineté économique.
Ministère de l'Économie et des Finances, maison mère de l'APE
 Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Ministère de l'Économie et des Finances, maison mère de l'APE Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Dans l'introduction du rapport annuel (juin 2020-juin 2021) de l'Agence des participations de l’État (APE), publié hier, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, loue l'action de l'institution qui représente l'Etat actionnaire en cette période si particulière. Si tous ne seront peut-être pas aussi dithyrambiques sur les mesures d’urgence et le soutien à la relance, il est indéniable que l’État a dégainé rapidement pour endiguer la crise et défendre sa souveraineté économique.

Concernant l’APE, la mise à disposition de 20 milliards d'euros en avril 2020 lui a permis d’assurer la pérennité d’entreprises stratégiques menacées par la crise. Dans cette liste non exhaustive, ce sont près de 4 milliards qui ont été consacrés à une augmentation de capital de la SNCF, la souscription de plus d'un milliard d'obligations vertes émises par EDF, ou encore l’investissement de 100 millions au sein du Fonds France Nucléaire.

Ces actions font suite à ce qui est appelé une "hyper-crise" par Martin Vial, commissaire aux participations de l'Etat et directeur de l'agence. Une crise qui a obligé l’État actionnaire à cesser temporairement ses opérations de cessions et à remettre au cœur de son action ses principes directeurs érigés en début de quinquennat. Cette doctrine donne comme vocation à l’État de prendre des participations dans le nucléaire et la défense afin d’assurer la souveraineté nationale de la France. Il est également évoqué la nécessité d’être présent dans les entreprises assurant du service public et à assurer qu’en tout secteur une défaillance individuelle ne devienne générale. Dans le contexte de l’hyper crise évoquée plus tôt, l’APE a ainsi dû intervenir pour aider les entreprises de son portefeuille à surmonter les difficultés conjoncturelles et à retrouver le chemin de la croissance.

Au vu des déclarations du ministre de l’Economie, il apparaît très clairement que les derniers mois ont aussi fait émerger ce qu'il nomme un "impératif de souveraineté économique" au champ plus large que la souveraineté nationale évoquée. Martin Vial a souligné à plusieurs reprises l’importance d’avoir un actionnariat stable et également français pour garder les "centres de décision en France". Même si aujourd’hui, le directeur estime que la doctrine de l’APE ne va pas la faire "entrer au capital de Danone ou de Carrefour". La loi Pacte devant également permettre à l’État d’avoir un filet de sécurité qui lui permet de ne pas rentrer dans une logique d’investissement préventif à tout va. Dans cette logique, revendre une partie des actions Orange est envisageable, même si elle n’est pas à l’ordre du jour actuellement.

A contrario, Martin Vial a réaffirmé le soutien de l’État à Air France - KLM. Il n’est pas envisagé que l’APE sorte du capital de la compagnie aérienne franco-néerlandaise et les conditions de marchés rendent irréaliste ce projet à court terme. Il a coupé court à toute critique sur la santé de l’entreprise, estimant que la situation d’Air France - KLM est meilleure qu’avant la crise, notamment avec une suppression des limites au développement de Transavia particulièrement importante. Le remboursement des 4 milliards d’euros du Prêt garanti par l’État (PGE) ne constitue pas une difficulté à ses yeux, puisqu’il s’attend à une amélioration sensible des résultats à venir. Au vu des récentes déclarations pessimistes sur le retour à la normale, tant de la part des compagnies aériennes que des aéroports européens, on comprend moins l’optimisme de l’APE et mieux l’importance à ce que l’État soit prêt à contribuer "à d’éventuelles nouvelles opérations sur le capital".
De façon plus succincte, il a été fait mention de l'insertion d'exigences environnementales comme contrepartie de l'action de l'Etat et enfin de l'importance accordée à la disruption technologique et numérique.

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