Evenements / General Electric / Alstom / Emmanuel Macron
Evenements
General Electric / Alstom / Emmanuel Macron
La promesse trahie de General Electric
Depuis la dépêche publiée au mois d’avril 2014 par l’agence de presse Bloomberg révélant le rachat en cours par General Electric (GE) d’Alstom pour plus de 13 milliards de dollars, la transaction ne cesse de faire parler d’elle, tant elle agite les milieux industriels, politiques et sociaux.
Durant les semaines qui suivent, le ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique d’alors Arnaud Montebourg n’avait pas su suffisamment défendre les intérêts du constructeur ferroviaire français Alstom sur l’opération, les propositions améliorées de GE se voyant successivement refusées par le gouvernement. À l’été, son successeur Emmanuel Macron parvient à faire avancer les choses, le PDG de GE se disant prêt à des concessions jugées justes. En septembre de l’année d’après, GE acquiert le pôle énergie d’Alstom. Puis les choses se gâtent.
En octobre 2017 et quinze jours après la succession de John Flannery à Jeff Immelt au poste de président du directoire de GE (l'action a déjà perdu 30 % de sa valeur depuis janvier), le groupe annonce la suppression de 350 postes à l’usine de GE-Hydro Alstom qui produit des turbines de barrages à Grenoble, soit près de la moitié des effectifs. À la bourse de New York, l’action de GE poursuit son plongeon. Quant à l’engagement pris par GE de créer 1.000 postes en France, l’une des concessions conditionnant la cession de la division énergie d’Alstom, la promesse ne sera jamais tenue, annonce Bercy au mois d’avril l’an dernier, portant un coup sévère à la crédibilité des modalités de la négociation. Et ce même si le conglomérat industriel américain avait accepté de payer une amende de 50.000 euros pour chaque emploi qu’il n’a pas créé, sous la pression du Président… Emmanuel Macron. Portant à 50 millions d'euros le dû de GE à l'État.
À la fin de l’année 2017, GE annonce 12.000 suppressions d’emplois en Europe, et hier cette fois, le groupe américain a dit envisager de supprimer plus de 1.044 postes en France. C’en est trop pour l’intersyndicale de GE à Belfort qui appelle le gouvernement à stopper le scandale “qui n’a d’autre but que de délocaliser l’activité hors de France et qui n’est aucunement une adaptation au marché”. Quant au groupe GE, il justifie ces nouvelles coupes par une baisse de 22 % des revenus de la division électricité et une baisse importante de la demande de gaz l'an dernier. La réalité c'est que le groupe n'a jamais su éponger la facture du rachat d'Alstom, dévoilant encore au dernier trimestre 2018 une charge exceptionnelle de 22 milliards de dollars pour des dépréciations liées aux acquisitions passées. GE dont la capitalisation boursière a perdu plus de 160 milliards de dollars depuis le rachat.
Selon les derniers chiffres de l'Insee, le Territoire de Belfort accueille 32.166 employés dans le secteur de l'industrie, soit plus d'un quart de la population salariée du département. La décision de GE supprime de fait 3,1 % de l'emploi salarié industriel du territoire… alors que les demandeurs d’emploi ont augmenté en avril 2017 de 77 % sur un an. Le troisième ministre de l'Économie au combat sur ce dossier Bruno Le Maire a assuré hier à l'Assemblée nationale "être prêt à se battre", assurant par ailleurs que les 50 millions d'euros dus par GE à l'État pourraient bénéficier à Belfort sur l'aéronautique, le démantèlement des centrales nucléaires et l'hydrogène. Bruno Le Maire qui a également affirmé la semaine dernière qu'il n'y avait "pas de débouché" pour la filière de production de turbines à gaz de Belfort.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

