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Orange ignore les requêtes de l'actionnariat salarié
L’an dernier dans une interview au 13h de TF1, le Chef de l’État avait fait une annonce surprise afin de développer l’intéressement et la participation : la suppression du forfait social pour les entreprises de moins de 250 salariés à partir du 1er janvier 2019, un effort significatif en faveur de la rémunération hors salaire estimé à 440 millions d’euros par Bercy. Hier encore lors de sa conférence de presse sur les conclusions du Grand débat national, le président s’est prononcé sur la nécessité pour les entreprises d’associer davantage les salariés à la création de richesses par la participation. Un message louable en cette période de forte crise de pouvoir d’achat, d’autant plus que le développement d’une entreprise est souvent meilleur lorsque l’actionnariat salarié y est développé.
Malgré cela et dans ce contexte si particulier de colères qui s’expriment, le Conseil d’administration d’Orange n’a pas souhaité agréer les projets de résolutions de ses actionnaires salariés en vue de la prochaine Assemblée générale le 21 mai prochain, appelant les autres actionnaires à ne pas les approuver ou à s'abstenir. Tout du moins, le board aurait pu consentir à en discuter.
Au travers du Fonds Commun de Placement d’Entreprise Orange Actions et motivations (FCPE), l’actionnariat salarié souhaite faire baisser le montant des dividendes versés par le Conseil, proposé actuellement à 0,70 euro par action pour 2019, alors que le résultat par action est à 65 centimes, dans un contexte de progression de la dette à plus de 1,5 milliard d’euros et sur fond du défi onéreux à venir de la 5G et d'acquisitions diverses. Les petits porteurs de parts salariés demandent aussi à la direction de ne pas exercer simultanément plus de deux autres mandats d’administrateurs ou de membres du Conseil de Surveillance dans des sociétés ayant leur siège en France. Le refus de cette résolution par le Conseil est d’autant plus étonnant qu’à date, aucun membre du board n'est concerné. Elle permettrait simplement d’éviter les dérives dans le futur.
Enfin, le FCPE qui détient moins de 6 % du capital et un peu plus de 8,4 % des droits de vote du groupe de téléphonie mobile, plaide pour une augmentation du capital réservée aux adhérents du plan d’épargne, comme cela est d'ailleurs déjà permis pour tous les dirigeants du groupe. Le Conseil d'Administration refuse là aussi. Oui, Orange est l’une des sociétés du CAC 40 parmi lesquelles les salariés proposent le plus de résolutions en Assemblée. Oui, le groupe a publié des résultats financiers 2018 solides dans un marché chahuté par la guerre des prix. Mais raison de plus pour écouter la voix de l’actionnariat, qui veut prendre part au bon développement de l’entreprise. Sans vote, le FCPE entend tout de même demander davantage de précisions le 21 mai prochain sur la stratégie du groupe pour parvenir à 10 % d’actionnariat salarié, un plan réaffirmé à plusieurs reprises par Orange.
Le Conseil d’administration d’EDF a lui aussi montré une position réfractaire face aux requêtes de ses salariés lors de sa séance mardi dernier, cette fois uniquement sur la fixation du dividende. Endettée à 33,4 milliards d’euros au titre de 2018, la direction d’EDF, dont la réorganisation sous haute tension fait l’actualité, a décidé de ne pas agréer la proposition d’un dividende à 0,18 euro dont l’objectif est l’atteinte d’un cash-flow positif. Lors de la prochaine Assemblée générale, un dividende de 31 centimes par action sera proposé, soit un taux de distribution du résultat net courant de plus de 50 %.
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