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Assemblée Société Générale ; Frédéric Oudéa

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Société Générale / Frédéric Oudéa

Et maintenant, le plus dur commence pour Oudéa

Frédéric Oudéa a été reconduit hier à la direction générale de la Société Générale avec une « élection de maréchal ». Le plus dur va être maintenant pour lui de délivrer, dans un contexte très difficile pour le secteur bancaire.
Frédéric Oudéa
Frédéric Oudéa

Depuis quelques jours, les gazettes parisiennes faisaient monter le suspense sur la reconduction du mandat de Frédéric Oudéa comme administrateur et surtout comme directeur général de la Société Générale. Lui-même sentait une certaine pression monter au point d’engager une nouvelle agence de communication de crise pour l’aider à faire passer ses messages. Tout cela après dix années déjà passées à la tête de la Banque de La Défense, et surtout une année 2018 assez secouée pour cette belle maison et un cours de Bourse en pleine dépression.

En fait, hier, il ne s’est rien passé à l’assemblée générale des actionnaires de la Société Générale. Frédéric Oudéa a été réélu avec 96 % des voix. Une véritable élection de maréchal, que beaucoup de dirigeants d’établissements financiers cotés seraient prêts à envier dans les circonstances actuelles. Il faut dire qu’avant le débat avec les actionnaires et leur vote, le directeur général de la banque rouge et noire s’était livré à un stand-up assez impressionnant digne des prestations de Tim Cook lors des keynote d’Apple, au cours duquel il a dessiné la stratégie du groupe, répété son aversion pour les mouvements de consolidation et surtout exprimé de manière très personnelle sa motivation pour conduire le groupe encore quelques années.

Mais comme l’aurait déclaré Léon Blum juste après l’accession du Front Populaire au pouvoir, c’est maintenant que "les ennuis commencent". Bien sûr, au cours du premier trimestre la Société Générale a entamé le reprofilage de sa banque de financement et d’investissement. Bien sûr, elle voit se reconstituer son stock de capital. Bien sûr, elle affiche régulièrement les formidables résultats de sa pépite Boursorama. Il n’en reste pas moins que l’avenir du secteur bancaire français est loin d’être rose, et que la Société Générale n’est pas la meilleure élève de la classe.

Comment attirer des investisseurs sur le titre Société Générale dans un environnement de taux négatifs qui pincent à l’extrême les marges sur toute la production de crédits nouveaux ? Comment remonter dans les league tables des opérations financières et du financement des grands groupes lorsqu’on débauche des centaines de banquiers au sein de la BFI ? Comment lutter avec des groupes mutualistes comme le Crédit Agricole, BPCE ou le Crédit Mutuel qui ont trop de fonds propres, lorsque la Société Générale en est réduite à distribuer son dividende en actions afin de ne pas obérer son stock de capital.

Et ensuite comment résister, avec un cours très inférieur à l’actif net, à des tentations de consolidation bancaire qui pourraient venir d’Italie, par exemple ? Autant d’enjeux majeurs auxquels Frédéric Oudéa ne s’attelle pas depuis ce matin. Et lui-même sait très bien que la tâche qui l’attend ne sera pas une sinécure. Comme l’a montré l’accueil, un peu tiède, réservé par les Britanniques à son investor day tenu à Londres au début du mois de mai, qui avait entraîné le cours de l’action à la baisse. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… !

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