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Fusions, Acquisitions / M&A / Lazard / Ils font les deals

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M&A : un premier semestre moins noir que prévu

Si le marché mondial des M&A a comme prévu ralenti au premier semestre en raison des tensions commerciales, il a été porté par les méga deals aux États-Unis, et les opérations cross border en Europe. Guillaume Molinier, associé gérant de Lazard, décrypte le paysage pour WanSquare.
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

Au tournant de 2019, alors que les tensions commerciales battaient leur plein entre Américains et Chinois, les banquiers d’affaires étaient bien en peine d’anticiper l’évolution des fusions acquisitions pour la nouvelle année. Et près de six mois plus tard, le marché reste certes en baisse, surtout par rapport à des millésimes 2017 et 2018 de très bonne facture, mais on est encore loin de l’hécatombe. Les opérations continuent à fleurir, avec 14.948 deals pour un total de 1.960 milliards de dollars dans le monde depuis le début de l’année, certes en baisse de 12 % sur un an, selon les données de Dealogic. Mais elles sont cette fois de nature différente de part et d’autre de l’Atlantique. "Le marché américain est toujours porté par de très grosses opérations, pour l’essentiel domestiques, alors que les opérations cross border dominent en Europe", analyse Guillaume Molinier, associé gérant de Lazard, pour WanSquare.

Côté US, les groupes pharmaceutiques américains Bristol-Myers et Celgene, tous deux cotés sur le Nyse et le Nasdaq, ont par exemple annoncé dès les premiers jours de l’année leur fusion à 96,8 milliards de dollars, selon Dealogic. Et tout récemment, United Technologies et Raytheon ont officialisé un mariage à près de 90 milliards de dollars, leur permettant d’atteindre une taille critique dans le domaine sensible de l’aéronautique. Deux opérations classiques de consolidation sectorielle entre deux acteurs domestiques.

En Europe, et en particulier en France, les corporates ont fait preuve d’un esprit de conquête, avec des opérations de croissance à l’international. En témoigne le rachat des actifs africains d’Anadarko (le groupe pétrolier américain, lui-même en pleine fusion domestique avec Occidental) par Total, plus grosse opération de l’année en France à 8,8 milliards de dollars. Ou encore Engie, qui associé à la Caisse des Dépôts du Québec, a gagné les enchères sur le réseau de gazoducs brésilien de Petrobras, pour 8,6 milliards de dollars.

Si les facteurs géopolitiques ont donc influé sur les transactions, cela s’est surtout manifesté du côté de la Grande-Bretagne, dont le marché est très déprimé en pleine incertitude sur le Brexit. Hormis cela, aucun n’échappe à l’appel de la croissance externe : "tous les secteurs sont concernés par les M&A à l’heure actuelle, ils ont tous besoin de continuer à s’adapter pour répondre à de nouveaux défis", relève Guillaume Molinier. En outre, les sociétés peuvent aussi compter sur la liquidité des marchés de capitaux, très disponibles et bon marché pour financer des deals.

Dans ce paysage, les fonds de private equity aux poches profondes sont toujours aussi omniprésents. "Le private equity reste très actif, les fonds ont annoncé des levées records et doivent investir ces fonds. Le niveau de dette est élevé mais moins coûteux qu’avant la crise et un peu plus favorable aux créanciers. Et les prix tiennent quand même compte du tassement des marchés actions dans certains secteurs depuis le début de l’année", juge Guillaume Molinier. Si l’offre à 5,7 milliards d’euros de Blackstone et Hellman & Friedman sur l’allemand coté Scout24, qui devait être le plus gros LBO de l’année, a finalement échoué en raison de l’opposition des actionnaires sur le prix, les hôtels B&B ont finalement été rachetés par Goldman Sachs pour près de 2 milliards d’euros en France. Mais les corporates ne sont pas en reste sur les actifs du non coté : Sika a racheté Parex au fonds anglo-saxon CVC pour 2,2 milliards d’euros, tandis qu’Astorg a vendu la chaîne M7 à Canal Plus pour un milliard d’euros.

Enfin, les activistes restent très présents dans l’arène, à l’image des trimestres précédents, et sont à la fois moteurs et critiques des M&A, n’hésitant pas à se prononcer sur les deals en cours et à essayer d’en influencer le cours. Pour autant, les tensions commerciales avec la Chine ou géopolitiques avec l’Iran, initiées par l’administration Trump, n’ont pas échaudé les corporates à ce stade. "Les incertitudes actuelles ne créent pas encore d’inquiétudes", fait valoir Guillaume Molinier. Car les corporates ne sont que trop conscients de leur obligation d’anticiper pour survivre et grandir.

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