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Le gouvernement veut modifier les retraites chapeau

Evenements / Medef / Afep-Medef / Emmanuel Macron / Bruno Le Maire

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Les retraites chapeau vont enfin devenir vertueuses

Dans le cadre de la loi Pacte, le gouvernement entend remettre à plat le sujet des retraites chapeau qui ont donné lieu à trop d’abus. De fait elles devront être désormais conditionnées à la performance de l’entreprise.
Bruno Le Maire
Bruno Le Maire

Le gouvernement veut réguler les retraites chapeaux des dirigeants. Surtout après les scandales de ce début d’année qui ont vu les patrons de Technip ou d’Airbus quitter leurs entreprises avec des bonus, des clauses de non-concurrence, des actions de performance et une confortable retraite-chapeau. De quoi désespérer Billancourt, mais surtout tous ceux qui croient aux vertus du capitalisme basé sur le mérite et, comme le rappelle le sociologue Max Weber, sur la fameuse "Parabole des Talents".

Pour le patronat classique et old school, c’est une mauvaise nouvelle et un vrai changement qui s’annonce. D’autant qu’ils ont tout fait pour éviter que l’État ne se mêle de leurs rémunérations. L’auteur de ces lignes qui a siégé au Comité d’éthique du Medef au moment de la rédaction du code Afep-Medef sur les rémunérations des grands patrons peut en témoigner. D’autant plus qu’il a toujours tenu la même position sur l’aberration de ces retraites-chapeau qui ne sont pas corrélées aux performances de l’entreprise et qui permettent à certains de partir les poches pleines en laissant les caisses vides. Et sur les stock-options qui devraient être vendues aux bénéficiaires et non données. Une option a une valeur. Et il n’est pas normal que les cadres qui en bénéficient n’en paient pas le prix.

Le gouvernement veut donc modérer le montant de ces retraites chapeaux. La loi Macron de 2015 avait déjà posé une limite en fonction du salaire annuel. Là, le gouvernement ajoute, en plus, un plafonnement global sur la carrière. À la fin de la vie professionnelle, la retraite chapeau d’un dirigeant ne pourra plus dépasser 30 % de son salaire annuel moyen, alors que le code Afep-Medef recommandait de ne pas dépasser 45 %. L’idée est d’éviter, comme c’est possible aujourd’hui, que des gens gagnent plus à la retraite qu’en travaillant. Car grâce à leur retraite chapeau, certains cadres peuvent aujourd’hui toucher plus de 100 % de l’équivalent de leur ancien salaire annuel. Alors que pour la majorité des employés du secteur privé, la pension de retraite moyenne ne dépasse pas 75 % de l’ancien salaire.

Mais le plus important, c’est que ces retraites chapeaux seront conditionnées à la performance de l'entreprise. Plus question de laisser partir avec de gros pactoles des patrons qui laissent l’entreprise dans une situation difficile. Cela fait suite à plusieurs affaires qui avaient choqué comme celle concernant Georges Plassat, par exemple, le PDG de Carrefour qui, l’année dernière, devait partir à la retraite avec près de quatre millions d’euros en laissant un plan social supprimant 2.000 postes. Le gouvernement était monté au créneau et sous la pression de l’opinion publique, le PDG avait renoncé au pactole.

Emmanuel Macron qui connaît bien les préoccupations des dirigeants d’entreprises et des 200.000 bénéficiaires environ de ces retraites chapeau a trouvé un moyen de faire passer la pilule. Comme l’exige Bruxelles, elles seront transférables d'un employeur à l'autre. Le dirigeant pourra garder le bonus qu’il a acquis s’il change d’entreprise, un peu comme les droits à la formation ou au chômage. L’ensemble de ces mesures devrait s’appliquer en janvier prochain. Avec ou sans grincements de dents.

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