Private Equity / Chevrillon / Campari / Tereos
Private Equity
Chevrillon / Campari / Tereos
Chevrillon a multiplié sa mise par trois avec Rhumantilles
Le 20 juillet dernier on apprenait que Campari était entré en négociations exclusives avec la société financière Chevrillon et les actionnaires minoritaires de Rhumantilles afin d’acquérir le producteur du rhum Trois Rivières et La Mauny. C’est chose faite depuis quelques jours et l’on connaît désormais le montant de la transaction : 60 millions d’euros. Le périmètre de la transaction comprend les marques, les propriétés foncières, les distilleries, les sites touristiques, qui drainent 150 000 visiteurs chaque année, ainsi qu'un stock de rhums vieillis. Soit trois fois ce que Chevrillon avait payé pour l’acquérir en 2012. De fait, Campari va pouvoir ajouter des marques prestigieuses de rhums agricoles à son offre et augmenter de manière significative sa masse critique en France, un pays destiné à devenir l'un des marchés stratégiques du groupe.
C’est en 2012 et un peu par hasard que Chevrillon est devenu actionnaire de Rhumantilles. À ce moment-là le Rhum La Mauny appartient, comme les marques Trois Rivières et Duquesne, à la société BBS (Bellonie Bourdillon Successeurs), qui, elle-même, appartenait à Quartier français, la filiale spiritueux du sucrier Tereos, qui s'en est séparé début 2011. Le repreneur de Quartier français n'est autre que La Martiniquaise, le groupe de spiritueux de Jean-Pierre Cayard.
Cette reprise vient alors de recevoir le feu vert de l’Autorité de la Concurrence, à la condition expresse que Jean-Pierre Cayard revende des rhums martiniquais. En effet, entre ses marques Dillon, Old Nick ou encore Saint-James et celles de BBS, son groupe aurait eu la main sur près de 60 % des rhums antillais. Celui qui possède aujourd’hui le dixième groupe mondial de vins et spiritueux a donc cédé BBS et ses prestigieuses marques au groupe Chevrillon. Un parfait inconnu dans les spiritueux, mais pas dans la distribution. Puisque cette société de private-equity fut un temps l'actionnaire principal de Picard, qu'il avait racheté en 2004 à Carrefour.
À l’époque personne ne croyait à cette opération payée 20 millions d’euros. Mais Chevrillon, qui analysait les tendances lourdes en matière de consommation, était convaincu, en ce qui concerne le Rhum, que c’est le spiritueux qui a les meilleures perspectives d'avenir dans le monde, devant la vodka. Résultat : Chevrillon a multiplié par trois sa mise en l’espace de sept ans.
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