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Entreprises / Actions / Tereos / sucre / Agristo / Industrie agroalimentaire / Escaudoeuvres / Roland Lescure

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Tereos / sucre / Agristo / Industrie agroalimentaire / Escaudoeuvres / Roland Lescure

Tereos a trouvé un repreneur belge pour son site d’Escaudœuvres / Un investissement de 350 millions d'euros à la clé

L'usine de sucre du numéro deux mondial du secteur sera reprise par Agristo, une entreprise belge qui en fera un site dédié à la transformation de pommes de terre. La nouvelle usine, où la production démarrera au second semestre de 2027, devrait permettre de créer 350 emplois et bénéficiera de 350 millions d'euros d'investissements. 
Site d'Escaudoeuvres (Photo by Delphine Lefebvre / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Site d'Escaudoeuvres (Photo by Delphine Lefebvre / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

La réorganisation industrielle de Tereos se précise et le numéro deux mondial du sucre a reçu aujourd’hui de la visite. Le ministère chargé de l’Industrie a en effet annoncé que le ministre Roland Lescure se rendrait, ce lundi, sur le site d’Escaudœuvres, dans le Nord de la France, pour assister à la signature officielle prévue en début d’après-midi de la vente du terrain du propriétaire des marques Béghin Say et La Perruche à un repreneur industriel.

Il s’agit ainsi de l’entreprise agroalimentaire belge Agristo, qui prévoit d’investir 350 millions d’euros sur le site pour ouvrir en 2027 une usine de transformation de pommes de terre. Et prévoit, également, d’embaucher 350 personnes pour la faire tourner. A noter, toutefois, que Tereos y conservera un site logistique (employant 40 salariés) et que la reprise du terrain ne concerne donc que l’usine de sucre. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé.

L’annonce de la fermeture de la sucrerie - ainsi que celle de la distillerie de Morains, dans la Marne - le 8 mars dernier avait provoqué l’occupation du site par les travailleurs pendant plusieurs semaines. Le sucrier avait alors invoqué, pour la justifier, une baisse des volumes de betteraves engagés, du fait essentiellement de "raisons agronomiques (rotation culturale, sécheresse, jaunisse)". Ce qui ne permet pas ainsi à certains sites de fonctionner, en période de campagne, à pleine capacité. 

 

Des résultats à la hausse

 

La fermeture avait par ailleurs fait réagir l’exécutif, le ministre délégué chargé de l’industrie ayant estimé anormal que le groupe se déleste de certains de ses actifs alors qu'il est rentable. L’annonce intervenant effectivement un peu plus d'une dizaine de jours après la publication des résultats du troisième trimestre du groupe. Des résultats de bonne facture que la publication annuelle du géant du sucre, au mois de juin, était venue confirmer. De fait, le chiffre d’affaires du groupe a atteint 6,6 milliards d’euros au terme de l’exercice 2022-2023 (clos fin mars), en hausse de 26 % à taux de change constants ainsi qu’un bénéfice opérationnel doublé.

A l’origine, entre autres, de cette nette amélioration de l’activité : la hausse des prix du sucre au fil de l’exercice. Le résultat net du groupe s’était en revanche quant à lui contracté de plus de 6 % pour atterrir à 161 millions d’euros, du fait entre autres des coûts de restructuration liés à ce projet de "transformation industrielle en France [visant] à sauvegarder la compétitivité [du groupe] et à assurer les transitions énergétiques de ses sites", avait alors indiqué Tereos.

 

Mais une dette dépassant toujours le milliard d’euros

 

Il reste qu’en parallèle de cette amélioration des indicateurs d’activité, le groupe porte toujours le poids d’une dette structurellement élevée dont la réduction apparaît comme l’une des priorités de la stratégie de relance engagée en 2021. A fin mars 2023, l'endettement structurel (dette hors besoin en fonds de roulement) s'affichait à 1,3 milliard d'euros, bien que réduit par rapport à l'année d'avant. Au sein de ce plan de relance figurent également d'autres leviers d’action comme la mise en avant de la valeur sur les volumes et, donc, l’optimisation du portefeuille d’actifs et la simplification du modèle organisationnel.

Les quarante salariés sur les 123 opérant sur le site logistique verront donc leur emploi sauvegardé. Les autres auront le choix : aller travailler sur un autre site de Tereos en bénéficiant d'un reclassement encadré par le plan de sauvegarde de l'emploi adopté ou quitter l'entreprise : "Tous les salariés de Tereos vont être reclassés au sein de [l’entreprise] et ceux qui choisissent de partir, partiront avec un plan de sauvegarde de l’emploi qui a été adopté à l’unanimité", a rappelé le ministre délégué à l’Industrie Roland Lescure, interrogé sur Francebleu ce lundi matin avant de se rendre sur le site.

Il s’est en tout cas félicité de l’annonce de cette reprise pour l’industrie française et pour son rayonnement, Agristo étant pour rappel une entreprise belge. L’usine "utilisera des pommes de terre qui viennent d'un rayon de 150 kilomètres, de la main-d’œuvre de la région et des infrastructures françaises", a-t-il souligné. Ainsi, a poursuivi le ministre, "il s’agit d’une très bonne nouvelle pour le territoire".

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