Politique européenne / Bruno Le Maire / Conseil européen / Roland Lescure
Politique européenne
Bruno Le Maire / Conseil européen / Roland Lescure
La France veut ancrer le nucléaire dans l’agenda européen / Une alliance sur le sujet est cruciale pour l’exécutif tricolore
"Le grand sujet économique du XXIe siècle ce sera l’énergie". Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, a martelé à plusieurs reprises cette conviction en marge du conseil européen de l’énergie et de la réunion de l’Alliance nucléaire qui ont lieu ce lundi. Un message appuyé ces derniers jours par Bercy, qui a souligné la "vraie volonté des deux ministres de pousser de manière très offensive un agenda proactif pour développer l’industrie nucléaire en Europe ". Une action entreprise afin tant "d’améliorer le système énergétique européen [que] pour lui donner, en plus de la transition vers le bas carbone qui est engagée, la brique indispensable de compétitivité qui lui manque".
L’Europe ne disposerait actuellement que d’un des deux prérequis de la réussite sur le plan énergétique : la très forte décarbonation qui s’accompagne pour l’instant d’une compétitivité insuffisante. Bruno Le Maire, dont il s’agit de la première participation à ces réunions, a répété que "la seule chose qui compte est de parvenir à réduire les émissions de gaz à effet de serre" et ce "quel que soit le type d’énergie employé". Fort des avancées obtenues par la France pour que les fonds européens puissent profiter au nucléaire, il espère voir "tous les éléments de financements européens mis à disposition du développement du nucléaire".
Triptyque
Une question qui constitue l’un des trois défis évoqués par ses soins ce matin, allant donc de "centaines de milliards d’euros à l’échelle européenne" nécessaires pour la compétitivité énergétique, en passant par la nécessité de rester en pointe au niveau technologique et enfin par le sujet industriel. Un dernier point où l’Europe fait face à des chantiers inédits depuis près d’un demi-siècle.
Interrogé sur la nécessité d’un agenda législatif dédié, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique a rappelé qu’il y avait "déjà beaucoup de moyens à notre disposition ", dont notamment la Banque européenne d’investissement. Il regrette d’avoir vu cette dernière s’impliquer dans très peu de projets liés au nucléaire depuis l’an 2000, alors qu’elle avait su le faire auparavant. Une problématique sur laquelle l’institution avait confié récemment avoir du mal à obtenir un consensus de la part de ses membres. Tout en demeurant en mesure de financer des projets en la matière.
Travaux pratiques
Les ambitions françaises semblent trouver de plus en plus d’échos sur le Vieux continent, l’Alliance nucléaire ayant conclu sa réunion du jour par une déclaration de ses membres (Bulgarie, Croatie, République tchèque, Finlande, France, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Suède) révélant avoir "discuté de l’opportunité de lancer un ‘groupe de travail sur les instruments européens pour déployer des réacteurs nucléaires dans l’UE et la chaîne de valeur européenne associée’ […] et la manière dont ils pourraient être utilisés ou mis à jour afin d’améliorer la compétitivité de l’UE". Tout en affichant également sa volonté de parvenir au "développement sûr et rentable d’une chaîne de valeur nucléaire dynamique et innovante en Europe, ainsi qu’à la création d’un réseau solide de partenaires industriels".
Des soutiens précieux pour la France, qui a souvent semblé porter seule les ambitions nucléaires européennes. Pour autant du côté de Bercy on a veillé à enterrer la hache de guerre avec l’Allemagne, rappelant que l’objectif "est de trouver, de créer des ponts et de ne pas avoir une relation conflictuelle sur l’énergie, mais bien de travailler ensemble et de faire avancer les sujets sur lesquels on est capable de trouver des accords ".
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