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Politique européenne / Union européenne / commission européenne / Conseil européen / Elections européennes

Politique européenne
Union européenne / commission européenne / Conseil européen / Elections européennes

Le grand mercato des postes européens promet d’être sulfureux

Les résultats des élections européennes ont officialisé le début de la lutte pour l'obtention des quatre postes-clefs au sein de l'Union européenne. Si Emmanuel Macron compte bien faire prévaloir son idéologie, le chemin ne sera pas sans encombre, d'autant que la situation française entache sa crédibilité.
Union européenne - UE - drapeaux
Union européenne - UE - drapeaux

Hier soir à Bruxelles, l’ensemble des dirigeants de l’Union des 28 se sont retrouvés autour d’un dîner informel afin d’évoquer la question des quatre nominations à venir à la tête des grandes institutions européennes. Ils ont chargé le président du Conseil européen de s’entendre avec le Parlement européen pour la présidence de la Commission, espérant trouver un accord d'ici le Conseil européen du 20 et 21 juin. Outre la présidence de la Commission, qu’occupe actuellement Jean-Claude Juncker, il faut aussi remplacer Donald Tusk à la tête du Conseil européen, Federica Mogherini à la diplomatie et Mario Draghi à Banque centrale européenne.

Emmanuel Macron n'a pas manqué l'occasion de pousser ses pions en vue de ce qu'il appelle une "nouvelle étape de l'aventure européenne". Mais l’envie ne suffit pas toujours, notamment lorsqu’il s’agit de peser face aux dirigeants des autres pays membres, particulièrement ceux du bassin hanséatique. Et Emmanuel Macron ne parviendra sans doute pas à convaincre l’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark, car il faut dire que le président de la République française a considérablement perdu en crédibilité avec le mouvement des Gilets jaunes.

Sommé par la Commission européenne de rétablir l’équilibre budgétaire et de réduire la dépense publique de la France, il a au contraire ajouté 11 milliards d’euros de dépenses fin 2018 pour apaiser la contestation sociale. Ces mesures vont faire replonger le déficit budgétaire français au-delà des 3 % et il sera donc difficile pour le Chef de l'Etat d’imposer ses exigences, alors même que la France ne respecte pas ses engagements auprès de l’Europe.

Le poste qui risque d'entraîner le plus de remous concerne la présidence de la nouvelle Commission. Emmanuel Macron s’est explicitement exprimé à ce sujet en mentionnant qu’il souhaitait voir à la tête de l’Union européenne la commissaire Margrethe Vestager, le néerlandais Frans Timmermanns ou le Français Michel Barnier. Il s’est montré d’autant plus insistant que Manfred Weber, le protégé d’Angela Merkel semble être écarté depuis que Viktor Orbàn, le Premier ministre hongrois a pris parole en sa défaveur. Néanmoins, l’Allemagne maintient ses positions et continue de s’opposer à l’arrivée d’un Français à la tête de la Commission. Parallèlement, si la présidence de la Commission n’est pas attribuée à un allemand, cela laisserait le champ libre à Jens Weidmann, l’actuel président de la Bundesbank, pour succéder à Mario Draghi à la tête de la BCE.

Dans ce tumulte, un nom a probablement été minimisé, celui de la chancelière allemande qui a annoncé le 29 octobre dernier son retrait de la vie politique germanique en 2021. Elle pourrait faire d'une pierre deux coups en contrecarrant les ambitions du Président français, et ainsi se présenter elle-même comme la successeure de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission. C’est une éventualité qu'Emmanuel Macron accueillerait en demi-teinte, car si Angela Merkel partage certains points d'accord avec le Président français, elle est cependant opposée à la création d’un budget européen et plus largement une zone économique et fiscale commune.

Ce qui est sûr, c'est que les discussions entre les dirigeants des pays membres ne font que commencer, et l’enjeu que représente l’attribution de ces postes-clefs est tel qu'il est peu probable qu’un consensus soit trouvé d'ici au 20 juin.

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