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Politique européenne / Elections européennes / Parlement européen

Politique européenne
Elections européennes / Parlement européen

Élections européennes, quels scénarios possibles et quel impact pour les marchés

Le renouvellement des députés au Parlement européen au printemps prochain pourrait donner lieu à une montée en force des partis populistes, même s'ils devraient in fine rester minoritaires en nombre de sièges, selon Nomura. La réaction des marchés financiers sera différenciée selon les États et les résultats des listes dans chaque pays.
Parlement européen - Strasbourg
Parlement européen - Strasbourg

Alors que l'année 2018 touche à sa fin, économistes et investisseurs ont tenté d'établir les principaux événements politiques qui pourraient affecter l'économie ou les marchés financiers en 2019. Et si la guerre commerciale et le Brexit semblent monopoliser l'attention, la tenue des élections européennes en mai prochain n'en constitue pas moins un élément qui pourrait influencer les marchés de la zone euro. Les équipes de Nomura dans une note publiée aujourd'hui sur le sujet, ont ainsi tenté d'évaluer les scénarios possibles en fonction des forces politiques en présence et de la montée des mouvements populistes. "Depuis les dernières élections de mai 2014, le paysage politique européen a changé de façon dramatique. Principale modification depuis lors, la montée en force du sentiment eurosceptique et du populisme, avec l'arrivée au sein des Parlements nationaux voire des gouvernements de nombreux partis anti européens", rappellent les économistes en introduction. 

Ces élections, qui auront lieu entre le 23 et le 26 mai prochain risquent donc de se résumer en un affrontement entre les partis traditionnels du Parlement et les nouvelles forces politiques hostiles à l'UE. Rappelons que le Parlement de Strasbourg est renouvelé tous les cinq ans et que ses membres sont élus à la proportionnelle par les citoyens de l'UE. En tant que co-décisionnaire avec le Conseil, le Parlement peut aisément bloquer un texte de loi proposé par la Commission. Le résultat du 26 mai au soir sera également déterminant pour connaître le remplaçant de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission : le futur président devra être issu du parti qui aura emporté le plus grand nombre de voix, selon la tradition du "Spitzenkandidat". C'est également le Parlement qui valide la liste des commissaires proposés par chacun des États, même s'ils ne peuvent pas s'opposer à un candidat en particulier, mais rejeter ou approuver la liste dans sa totalité.

Après le départ du Royaume-Uni, le nombre de députés passera de 751 à 705, même s'il n'est pas encore absolument certain que le pays aura quitté l'UE au moment des élections européennes. Dans ce cas et selon les équipes de Nomura, une décision collégiale devra être prise pour savoir si le pays peut ou non participer aux élections. Et selon la banque japonaise, la réponse devrait être positive car en leur refusant de participer, l'UE fermerait la porte à l'option pour le pays de revenir sur le Brexit. 

Quelle serait l'issue la plus probable de ces élections ? Si les sondages les plus récents soulignent que l'immigration est devenue le sujet prioritaire pour une majorité d'électeurs, et que les partis populistes vont certainement gagner du terrain, aucune formation ne devrait prôner la sortie de l'UE, selon Nomura. Même le Rassemblement National français ou le Mouvement Cinq Étoiles sont désormais revenus sur leur idée de sortir de la zone. Pour l'instant, les trois principaux partis de Strasbourg sont le Parti populaire européen de centre droit (PPE, 218 sièges), les Sociaux-démocrates de centre gauche (S&D, 189 sièges) et les Xonservateurs et réformistes européens (ECR 73 sièges). Les Conservateurs britanniques sont les principaux membres de ce dernier groupe, qui risque donc d'être celui qui perdra le plus de voix au printemps prochain si le pays ne participe plus aux élections. Les deux principaux groupes eurosceptiques sont Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD, 42 sièges) et Europe des nations et des libertés (ENL, 35 sièges). Si le PPE et le S&D vont indéniablement perdre des voix, selon les sondages les plus récents, les trois premiers partis du parlement devraient tout de même parvenir à assurer une majorité, selon Nomura. 

Dans ces conditions, quel pourrait être l'impact de ces élections sur les marchés financiers ? Les réactions risquent d'être différentes selon les pays et selon les résultats que les partis nationaux auront obtenus. Ainsi en Italie, si les partis populistes et notamment la Ligue du Nord obtiennent de très bons scores, de nouvelles élections pourraient être organisées. Ce qui risquerait de faire baisser la bourse du pays. Une montée en puissance des partis populistes pourrait aussi peser sur la monnaie unique. "Le résultat des élections ne devrait pas entraîner de re-dénomination du risque européen sur le marché obligataire souverain dans son ensemble", concluent les équipes de Nomura, qui estiment que le risque de contagion de l'Italie aux autres pays reste limité. Les marchés de la zone euro seront donc sans doute plus sensibles à l'évolution économique de la région et celle de la politique monétaire, que de la situation politique de la région, qui l'an prochain, sera assez calme en dehors des européennes. 

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