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Pimco populisme menace risque Allemagne Italie étude

Politique européenne / Pimco / Elections européennes

Politique européenne
Pimco / Elections européennes

Élections européennes : la menace populiste est surévaluée

Tel est l'avis de Pimco, qui rappelle que les partis eurosceptiques auront du mal à former un front uni au Parlement, et que le processus décisionnel au sein de l'EU est intergouvernemental, les décisions les plus importantes nécessitant l'unanimité du Conseil.
Parlement européen - Bruxelles
Parlement européen - Bruxelles

Après l'AfD en Allemagne, La Ligue du Nord en Italie ou encore le RN en France, un nouveau parti d'extrême droite commence à prendre de l'ampleur dans le sud de l'Europe, en Espagne cette fois. Il s'agit de Vox, avec lequel les conservateurs se sont alliés lors des élections régionales en Andalousie en décembre dernier, où il a obtenu 11 % des voix, permettant aux conservateurs de prendre la région après 36 années de règne du parti socialiste. Et cette formation populiste, encore peu connue du grand public, devrait de nouveau faire parler d'elle, alors que le Premier ministre espagnol a annoncé ce matin la tenue d'élections anticipées dans le pays. Car selon les derniers sondages, Vox est déjà crédité de 10 % des voix au niveau national. Certains redoutent même que ce petit parti anti-immigration, proche des Brexiters et de Donald Trump, et créé en 2013 par des anciens du PP, ne gagne encore en popularité d'ici les Européennes et n'obtienne un score supérieur à 12 % lors du scrutin des 23 au 26 mai.

Pourtant, malgré l'influence grandissante de ce type de formation politique un peu partout en Europe, la menace du populisme aux élections européennes, tant redoutée par les partis traditionnels de l'UE, est sans doute surestimée. Tel est en tout cas l'avis des équipes de Pimco, dans une note publiée aujourd'hui sur le sujet. Certes, le "populism index", calculé par Pimco en fonction du pourcentage de soutien pour les partis populaires par rapport à la population de l'UE, représentait plus de 25 % à la fin février. Mais plusieurs facteurs devraient permettre de limiter leur influence au Parlement et dans la vie politique européenne de manière générale.

D'une part, "le processus décisionnel au sein de l'UE reste intergouvernemental", soulignent ainsi Nicola Mai, analyste crédit souverain chez Pimco et Peder Beck-Friis, portfolio manager. Toutes les décisions européennes clés doivent être approuvées par le Parlement européen, ainsi que par le Conseil, mais les décisions les plus importantes nécessitent l'unanimité du Conseil. "Certes, le Parlement pourrait bloquer des initiatives clefs présentées par la Commission mais il faudrait pour cela le soutien des partis modérés, étant donné la représentation minoritaire des partis eurosceptiques", expliquent les managers. Enfin dans les situations d'urgence, le Conseil a la capacité de prendre des décisions sur une base purement intergouvernementale, contournant ainsi la nécessité de modifier le droit communautaire.

Autre aspect du fonctionnement des institutions européennes, qui limitera la potentielle influence des eurosceptiques et populistes : les nominations des postes clés de l'UE restent en dernier ressort entre les mains du Conseil. "Même dans le cas peu probable où une coalition populiste apparaîtrait comme le groupe le plus important au Parlement, il ne s’ensuivrait pas nécessairement que le Conseil européen proposerait un candidat populiste à la présidence de la Commission", poursuivent les gérants de Pimco. Et même si le Spitzenkandidaten process existe (choix du candidat dont le parti a obtenu le plus de voix aux Européennes), le Conseil européen pourrait en principe désigner n’importe quel candidat et, surtout, le candidat devra encore être approuvé par le Parlement dans son ensemble.

Enfin, à plus court terme, même si les populistes dépassent les scores pour l'instant prévu par les sondages (les partis dits "antieuropéens" représenteraient plus de 35 % des sièges dans le futur Parlement selon les premières estimations), il est peu probable qu'ils parviennent à former un front uni contre les formations traditionnelles. "Les partis eurosceptiques sont hétérogènes, allant de l'extrême gauche à l'extrême droite, et ils ont des vues divergentes sur la manière dont l'Europe devrait être réformée", souligne Pimco. Enfin, le soutien à ces partis devrait quoi qu'il arrive rester inférieur à 50 % ; ces derniers devraient par ailleurs se heurter aux partis modérés, qui s'uniront probablement contre eux lors des votes parlementaires et feront obstacle aux propositions radicales des populistes qui tenteraient d'affaiblir l'UE.

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