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Christine Lagarde discours Parlement commission

Macro-économie / Taux / Christine Lagarde / BCE / Politique européenne / Parlement européen

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Christine Lagarde / BCE / Politique européenne / Parlement européen

Christine Lagarde, une audition sans surprise

Pour obtenir l’aval des eurodéputés de la Commission des affaires économiques et monétaires, Christine Lagarde a prononcé un discours consensuel au Parlement dont les contours ont notamment été dessinés par Mario Draghi.
Christine Lagarde - FMI
Christine Lagarde - FMI

Christine Lagarde avait fort à faire, hier, lors de sa première audition devant le Parlement européen. La future Gouverneure de la Banque centrale européenne (BCE) qui prendra les rênes de l'institution le 1er novembre prochain devait convaincre les eurodéputés de la Commission des affaires économiques et monétaires de sa légitimité pour accéder au poste suprême de la zone euro. Même si le vote d'approbation qui s'en est suivi n'était que de nature consultative pour celle qui sera la première femme aux commandes du levier monétaire, elle doit prouver que son profil plutôt politique n'est pas une entrave pour piloter la BCE.

Pour parvenir à faire l'unanimité, la directrice du Fonds monétaire internationale n'a pas pris de risque. Elle a livré un discours dans la lignée de son prédécesseur Mario Draghi. L'ex-ministre de l'Économie et des Finances sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy a donc laissé sous-entendre qu'elle serait une banquière centrale plus "colombe" que "faucon" en confirmant que la bassesse de l’inflation en zone euro justifiait le maintien d’une politique monétaire expansionniste à l'avenir.

Le plus surprenant dans le discours de Christine Lagarde a certainement été l'insistance dont elle a fait preuve sur sa responsabilité liée à la communication de l'institution. Des propos qui ne sont pas sans rappeler ceux tenus hier matin par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau qui mentionnait l'importance du renforcement de la forward guidance, qui consiste à communiquer ouvertement et à l’avance les intentions de la BCE dans le but de faire converger durablement les anticipations d’inflation vers leur cible.

Toujours sur le plan de la communication, Christine Lagarde, a rappelé son devoir auprès du peuple européen. "Il faut impérativement dépoussiérer le langage et s’épargner un excès de jargon technocratique pour permettre aux citoyens, aux consommateurs, à des gens qui ne sont pas forcément des experts en politique monétaire de comprendre à quoi sert la BCE ". Son objectif est notamment d'expliquer pourquoi les mesures prises par l'institution basée à Francfort "ont d’abord un effet négatif avec des avantages qui viendront plus tard". Christine Lagarde a assuré qu’elle veillerait à ce que les effets secondaires des taux négatifs restent contenus car l’économie n’est pas en capacité aujourd’hui de se sevrer des mesures non conventionnelles qui maintiennent la croissance de l'eurozone en terrain positif. Un discours consensuel qui lui a valu l'approbation des eurodéputés.

Dans le même temps, une autre figure de proue de la BCE s'exprimait de l'autre côté de la Manche. Le brillant Philip Lane, économiste en chef de l'institution, avait rendez-vous à la London School of Economics pour offrir sa vision d'avenir sur la politique monétaire en zone euro. L'ancien Gouverneur de la Banque centrale d'Irlande, qui a fait des questions monétaires son sujet de thèse à l'Université d'Harvard, a affirmé qu'aucun risque de déflation ne pèse sur les 19 pays du bloc mais que les dernières données financières recueillies par la BCE témoignent d’une inflation "médiocre" qui est bien trop éloignée de sa cible. Et s'il n'a pas voulu divulguer l'orientation que va prendre la politique monétaire, Philip Lane a clôturé son intervention ainsi : "la baisse des anticipations d'inflation est une question d'actualité dans les discussions de la BCE". Nul doute que les responsables monétaires se tiennent prêts à actionner un nouveau plan de relance au moindre mauvais présage.

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