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BCE : Christine Lagarde pose quelques jalons

Macro-économie / Taux / Christine Lagarde / Banque centrale européenne / Politique monétaire

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Christine Lagarde / Banque centrale européenne / Politique monétaire

Christine Lagarde dévoile son plan d'action

Christine Lagarde, la prochaine Présidente de la Banque centrale européenne, glisse  quelques informations sur sa conception de la politique monétaire.
Christine Lagarde - FMI
Christine Lagarde - FMI

Sa prise de fonction aura lieu en novembre prochain. Cela n’empêche pas Christine Lagarde de commencer à partager la vision qu’elle a de que ce doit être la politique monétaire et de formuler quelques avertissements à propos de la croissance mondiale.

L'ancienne responsable du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a averti, à l'occasion d'une interview donnée à l'AFP, que la croissance mondiale était "fragile" et "menacée" et que les décideurs devraient travailler ensemble pour "tenter de réduire la fragilité et contrer l'incertitude", auxquelles fait face l'économie mondiale.

De fait, la guerre commerciale que le président Donald Trump a menée à Beijing a sapé les investissements des entreprises et les exportations à un moment où l'économie chinoise connaît déjà un ralentissement de la croissance. "Ce que nous avons pour le moment, c'est une croissance plutôt médiocre", "fragile et menacée", a déclaré Christine Lagarde.

Selon elle, les banques centrales ont tenu leur rang, et plus encore en empêchant la crise financière de devenir une dépression économique, mais les gouvernements doivent désormais jouer leur rôle "Je pense que les banquiers centraux ont fait énormément et ont été considérés pendant de nombreuses années comme la seule chose qui comptait", a-t-elle déclaré. Elle se place ainsi dans le sillage de Mario Draghi, qui fit plusieurs déclarations remarquées lors de sa dernière conférence de presse visant à exhorter les États à actionner le levier budgétaire.

Elle parle aussi de sa vision de la politique monétaire et semble affirmer deux principes auxquels elle tient. D’une part, elle prendra ses nouvelles fonctions dans un environnement où Donald Trump maintient une pression constante et mène une campagne acharnée contre Jerome Powell et la Réserve fédérale américaine pour ne pas baisser les taux d’intérêt de manière agressive afin de stimuler la croissance.

Elle est tout à fait consciente de ces problématiques ayant été confrontée durant son expérience au FMI à de tels comportement dans certaines économies émergentes. Christine Lagarde a déclaré que l'expérience montrait que lorsque les hommes politiques commençaient à s'immiscer dans la politique monétaire de la banque centrale et mettaient en cause son indépendance, "cela ne se déroulait pas très bien".

D'autre part, elle semble militer pour la clarté de la part des banquiers centraux, loin du fameux "Si vous avez compris ce que j'ai dit, c'est que je me suis mal exprimé" d'Alan Greenspan, ancien Président de la Banque centrale américaine, qui "marmonnait avec une incohérence remarquable" afin d'éviter les mouvements de marché très brusques.

Elle a en effet déclaré que les banquiers centraux devraient s'efforcer d'être "prévisibles". "Il y a suffisamment d'incertitude dans le monde pour ne pas ajouter l'incertitude de ce que va faire un banquier central". La prochaine grande argentière compte donc faire de la forward guidance un allié très précieux.

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