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bce baisse des taux quantitative easing

Politique monétaire / Banque centrale européenne / Taux directeurs / QE / Mario Draghi

Politique monétaire
Banque centrale européenne / Taux directeurs / QE / Mario Draghi

BCE : Mario Draghi ressort son bazooka

C'est un "whatever it takes" bis de la part de Mario Draghi. Le gouverneur de la Banque centrale européenne a déclaré qu'il n'accepterait pas une inflation durablement basse et que la BCE utiliserait tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre ses objectifs.
Mario Draghi
Mario Draghi

À la veille de son départ, Mario Draghi est fidèle à lui-même en annonçant que la Banque centrale se tient prête à s'élancer en terrain inconnu. Il n'a pas fallu longtemps au gouverneur pour évoquer les perspectives d'avenir au sein de la zone euro, lors de son discours, ce matin, au Forum annuel de la BCE. Après avoir évoqué brièvement son parcours, le gouverneur s’est attardé sur le contexte économique actuel et le rôle que devra avoir la politique monétaire de la BCE afin de répondre aux grands enjeux de l’inflation.

Comme WanSquare l’écrivait hier, le mandat de Mario Draghi a été marqué par la mise en place de politiques monétaires non conventionnelles. Ces dernières étaient censées soutenir l’activité économique et ramener l’inflation proche des 2 %. Or, l’inflation n’est jamais parvenue à revenir à ce niveau. C’est en mentionnant la faiblesse de la dynamique des prix que Mario Draghi a listé les outils que la BCE pourrait très prochainement mettre en place si l’inflation restait rampante.

Le gouverneur a surpris son auditoire en annonçant que l’institution monétaire utiliserait toute la flexibilité permise par son mandat si le besoin s'en faisait sentir. Cette déclaration s’apparente clairement à un "whatever it takes", à l'image de la formule qu'il avait employée en 2012, en pleine crise de la zone euro. Parmi la série de mesures possibles, la BCE pourrait pour la première fois de son histoire baisser son taux directeur sous la barre des 0 %, donnant ainsi naissance à une ère de refinancement à taux négatif dans la zone euro. En complément, elle pourrait également réamorcer le quantitative easing qui a pris fin en décembre dernier et rendre illimité le rachat d’obligations d’État par la BCE. C’est une façon de déclarer que l’institution monétaire ne laissera jamais un État membre de l'union monétaire faire faillite, sous peine de faire voler en éclats l’ensemble de la zone euro.

En rendant les titres de dette plus solvables que jamais, Mario Draghi a incité les investisseurs à renflouer leur portefeuille en obligations libellées en euros. Le message a parfaitement été entendu puisque dès ce matin, chacun des pays membre, sans exception, a vu son rendement obligataire plonger et atteindre, pour certains, un plus bas niveau historique. Le rendement du 10 ans allemand est tombé à record absolu de -0,321 %, tandis que le 10 ans français et le 10 ans suédois sont passés pour la première fois de leur histoire sous la barre des 0 %. Même l'Italie profite de cette bouffée d'air : son 10 ans a décroché de plus de 8 % pour s'établir à 2,1 %.

En renforçant le caractère ultra-accommodant de la politique monétaire en zone euro, le discours de Mario Draghi pose une question fondamentale. En accroissant continuellement la masse monétaire en circulation et en augmentant indéfiniment la taille de son bilan, la Banque centrale européenne peut-elle faire faillite ?

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