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Allemagne / BCE / QE
L'Allemagne se rebelle contre la BCE
Récemment, Mario Draghi a mis le feu aux poudres avec l’idée d’un second quantitative easing en zone euro pour soutenir l'inflation. Ce contre quoi le président de la Cour constitutionnelle allemande Andreas Vosskuhle s'est montré réticent.
Une prise de position qui n’est pas sans rappeler la procédure ouverte il y a sept ans par la Cour de Justice européenne, alors saisie par la Cour constitutionnelle allemande sur les rachats de dette par la BCE. Mario Draghi se contrefichait des règles. Les traités disaient que c'était interdit, mais SuperMario savait qu'il n'avait pas d'autres solutions et a préféré continuer sur sa lancée. Et le juge européen s'est rangé de son côté, concluant que la BCE était dans son plein droit car le seul but de la mesure était bien de ramener l'inflation à sa cible.
Aujourd'hui de nouveau, les Allemands se rebellent. D'abord, car une nouvelle politique de rachats de titres de dette, notamment publique, inciterait les États à davantage s'endetter. Un argument plutôt valable outre-Rhin, eu égard à la discipline budgétaire que l'Allemagne s'impose. Ensuite, car leur histoire leur a prouvé qu'une politique monétaire trop accommodante pouvait créer de l'hyperinflation. De fait, entre 1913 et 1923, l'Allemagne s'est laissée aller avec une politique monétaire laxiste, qui a entraîné une inflation mensuelle moyenne de 29.500 % sur la décennie, faisant multiplier les prix moyens au détail par 1.000 milliards. C'est aussi, on l'oublie souvent, l'un des pays à avoir le plus souvent fait défaut sur sa dette. Pas moins de huit fois depuis 1638.
Par ailleurs, et bien qu'il soit un brillant économiste remarqué, Mario Draghi n'a pas su atteindre la cible d'inflation au travers de son programme, qui atteignait encore péniblement 1,5 % à la fin de l'année dernière. Et ce malgré les 2.600 milliards d'euros d'argent frais injecté par la BCE pendant près de quatre ans. C'est pour toutes ces raisons que la Cour constitutionnelle allemande a préféré s'indigner face à ces nouvelles annonces. Mais elle le sait, elle n'a aucun intérêt à s'y opposer formellement, auquel cas elle se verrait interdire de participer aux opérations de relance de la Banque des banques.
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