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Grèce dette flat tax

Macro-économie / Taux / Politique économique / fiscalité

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Politique économique / fiscalité

La Grèce amadoue les milliardaires avec une flat tax

Le gouvernement hellène a annoncé hier l'instauration d'un impôt forfaitaire de 100.000 euros pour les riches étrangers qui souhaiteraient venir s'installer en Grèce. Une mesure qui s'inscrit dans le cadre d'une réforme fiscale plus large destinée à attirer les entreprises et les individus dans le pays et ainsi booster la croissance encore faiblarde.
drapeau grec
drapeau grec

L'administration du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, qui a pris les rênes du pays en juillet dernier a décidé de mettre les bouchées doubles pour atteindre son objectif de 2,8% de croissance pour l'an prochain. Une target que les principales institutions et créanciers jugent irréaliste au regard des performances du pays ces dernières années (-0,2% en 2016, 1,4% en 2017 et 1,9% en 2018). À moins que la réforme fiscale du nouveau gouvernement justement ne parvienne à attirer suffisamment d'entreprises et d'individus.

Le gouvernement a ainsi annoncé hier soir l'instauration d'une flat tax de 100.000 euros pour toutes les personnes étrangères qualifiées qui souhaiteraient venir s'installer dans le pays. Ce programme intitulé "non-dom" offrirait donc un taux d'imposition forfaitaire aux investisseurs fortunés qui choisiraient de transférer leur résidence fiscale en Grèce pour un montant annuel de 100.000 euros sur le revenu global gagné à l'étranger et de 20.000 euros de plus pour chaque membre de la famille supplémentaire.

Mais cette flat tax ne sera pas accordée à n'importe quelle condition : les riches non-résidents devront résider en Grèce au moins 183 jours par an, soit la moitié de l'année fiscale et devront également investir 500.000 euros dans l'économie nationale au cours de leurs trois premières années de résidence. Le programme durera 15 ans.

La flat tax serait réduite à 50.000 euros pour les étrangers qui placeraient 1,5 million d'euros dans des actifs grecs tandis qu'un investissement de 3 millions d'euros abaisserait l'impôt à 25.000 euros. Un dispositif destiné à encourager l'investissement donc, qui s'est littéralement effondré depuis la crise de la dette : alors qu'il représentait plus de 20% du PIB en 2010, il ne devrait pas dépasser les 13% cette année. Le document présenté par le gouvernement précise par ailleurs qu'une clause garantira aux investisseurs concernés par la flat tax le maintien de leur avantage fiscal même en cas de changement de politique de la part des gouvernements futurs. Une mesure plutôt rassurante vu les turbulences politiques qu'a connu le pays depuis 10 ans.

Cette incitation a priori alléchante s'inscrit dans le cadre d'une réforme fiscale plus vaste, qui prévoit notamment des taux d'imposition réduits pour les entreprises et un impôt unique de 15 % sur l'exercice de stock-options. De quoi booster une économie encore très fragile, même si le pays est sorti du dernier plan d'aide européen depuis désormais plus d'un an. rappelons qu'un tiers de la population vit encore avec moins de 500 euros par mois et que le chômage touche plus de 20% du peuple hellène.

Les efforts à marche forcée du nouveau gouvernement pour faire repartir l'économie ont en tout cas permis de redorer l'image du pays auprès des marchés : en octobre dernier, l'agence de la dette grecque PDMA a emprunté pour 500 millions d'euros à court terme à des taux négatifs et 5 milliards à dix ans à un rendement de 1,15% seulement. Une situation inimaginable il y a encore trois ans.

 

 

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