Politique économique / fiscalité / impots locaux / Bruno Le Maire
Politique économique
fiscalité / impots locaux / Bruno Le Maire
La fausse bonne idée d’une abrogation partielle de la taxe d’habitation
Curieusement le Ministre de l’Économie et des Finances a émis l’hypothèse, dimanche matin, que les 20 % des Français ayant les revenus les plus élevés ne bénéficient pas de la suppression de la taxe d’habitation. Avec comme effet secondaire, que cela permettrait à l’État de faire une économie de l’ordre de 7 milliards d’euros.
Ce matin à l’occasion d’un colloque qui s’est tenu à Bercy, Bruno Le Maire a tenu à nuancer ses propos estimant qu’il valait mieux, malgré tout, aller au bout de la réforme initiée par le Chef de l’État et annoncée dans son programme présidentiel.
Il faut dire qu’il s’agit là d’une fausse bonne idée. Primo : et c’est ce qu’il y a de plus important, parce que cela rompt l’égalité de traitement des Français devant l’impôt. D’ailleurs cette solution avait été, un moment, imaginée par Emmanuel Macron avant qu’il soit élu à la tête de l’État. Mais afin d’éviter tout risque d’inconstitutionnalité, il s’était résolu à l’étendre à tous les Français.
Secundo : comment peut-on imaginer, dans une France dont la cohésion sociale est pour le moins abîmée, que dans des communes il y ait des citoyens qui ne paient pas de taxe d’habitation et d’autres qui en paient, tout en ayant droit aux mêmes services communaux. Même si les sages de la Rue de Montpensier laissaient passer cette mesure, quels dégâts peut-on imaginer au sein de nos petites communes, déjà minées par la défiance et la perte de crédit de l’État.
Tertio : Les célibataires gagnant plus de 2.500 euros nets par mois et les couples ayant plus de 4.000 euros nets par mois seraient donc les perdants de ce changement de pied sur la taxe d’habitation qu’ils auraient à payer. Cela consiste à frapper la partie supérieure des classes moyennes, qui est précisément celle qui paye déjà l’essentiel de l’impôt sur le revenu, qui est précisément celle qui a été matraquée par Hollande dans les années récentes.
Tout cela est à l’image de notre technocratie qui est prête à changer de pied du jour au lendemain pour se sauver elle-même. Tout cela est à l’image de politiques qui parlent plus vite qu’ils ne réfléchissent. Tout cela est à l’image de notre système fiscal qui est désormais vu comme sous un mode punitif et non plus contributif.
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