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Macro-économie / Taux / Japon / Secteur manufacturier

Macro-économie / Taux
Japon / Secteur manufacturier

Le Japon est empêtré dans les difficultés

Le secteur manufacturier de l'Archipel est toujours en pleine déconfiture. L'inflation, elle, n'accélère toujours pas malgré la hausse de la TVA.
Shinzo Abe - Japon
Shinzo Abe - Japon

L'activité du secteur manufacturier au Japon s'est contractée en novembre pour un septième mois consécutif, dans un contexte de morosité de la demande interne et externe, montrent les résultats de l'enquête préliminaire réalisée par Markit/Jibun Bank auprès des directeurs d'achats. La version "flash" de l'indice PMI manufacturier calculé par Markit/Jibun Bank s'est établie à 48,6, marquant un léger rebond après 48,4 en octobre. Si les données sont confirmées en lecture définitive, il s'agira de la plus longue période de contraction du secteur manufacturier depuis six ans - la période de neuf mois entre juin 2012 et février 2013.

"Le ralentissement de la demande à l'exportation, la guerre commerciale prolongée entre les Etats-Unis et la Chine et les leviers politiques limités vont à l'encontre des chances d'amélioration de l'économie japonaise", a déclaré Joe Hayes, économiste chez IHS Markit. "Sans dynamique du secteur des services, une contraction de l'économie au T4 paraît très probable", a-t-il ajouté. L'activité du secteur des services a rebondi, mais reste à un niveau plus faible que lors des neuf premiers mois de l'année - soit avant l'entrée en vigueur au 1er octobre de la hausse de la TVA, de 8% à 10%. La version "flash" de l'indice PMI des services calculée par Markit/Jibun a grimpé à 50,4 en novembre, contre 49,7 le mois précédent. Quant à l'indice composite, qui regroupe industrie et services, il s'est établi dans sa version "flash" à 49,9 contre 49,1 en octobre.

Dans le même temps, l'indice national des prix à la consommation, qui inclut les produits pétroliers mais exclut les produits alimentaires les plus volatils - les produits frais notamment - a plafonné à 0,4% en octobre sur un an, en dépit de la hausse le même mois de la TVA à 10% contre 8% auparavant. Cela laisse à penser que la faible confiance des ménages conduit les entreprises à ne pas répercuter la hausse, et donc de rogner sur leurs marges. De fait, la hausse de l'impôt indirect qu'est la taxe sur la consommation tend à réduire encore la demande et à élargir le fossé avec l'offre, ce qui incite les entreprises à baisser leurs prix hors taxe pour atténuer l'effet hausse de TVA sur le client.

Bien qu'en phase avec les prévisions des économistes, ce chiffre de 0,4% demeure encore bien loin de la cible des 2% visée conjointement par la banque centrale du Japon (BoJ) et le gouvernement depuis 2013. Cet objectif, qui devait être atteint en deux ans selon les estimations initiales du gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, ne le sera pas cette année, ni l'an prochain et probablement pas avant au moins trois ans.  L'institut d'émission a en effet encore révisé négativement ses prévisions d'évolution des prix le 31 octobre dernier. Il table désormais sur une inflation de seulement 1,1% sur l'année d'avril 2020 à mars 2021 et de 1,5% sur la période annuelle suivante courant jusqu'à mars 2022. La Banque du Japon, qui n'agit que sur le volet monétaire, et le gouvernement, qui a mis en oeuvre plusieurs plans de relance budgétaires, ont toutes les peines du monde à stimuler la consommation des ménages.

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