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Bill Gross peu confiant pour l'an prochain
2019 aura été une très bonne année pour les investisseurs : les marchés boursiers ont atteint des niveaux record grâce aux politiques ultra accommodantes menées par les principales banques centrales mondiales, et aux mesures de relance budgétaire des Etats. Les deux indices phare américains, le Dow Jones et le Nasdaq ont grimpé de plus de 20% et 30% depuis le début de l'année, tandis que le Cac 40, le Dax ont respectivement progressé de 25% et 31%. Même le Footsie, dont le pays est pourtant empêtré dans le Brexit a vu son cours augmenter de 10% depuis janvier dernier. Dans le même temps, le rendement des obligations souveraines a globalement diminué, et le prix des titres grimpé, permettant aux investisseurs de réaliser de belles plus values.
Ces très bonnes performances ne devraient pourtant pas durer, selon Bill Gross. Dans un entretien au Financial Times, l'ex-gérant vedette de Pimco, parti à la retraite en mars dernier après quatre années chez Janus Henderson a ainsi livré ses vues sur les perspectives d'évolution des places financières en 2020. L'avis de Bill Gross, âgé de 75 ans et à la tête d'une fortune de 1,5 milliard de dollars selon les informations de Forbes, est très suivi par les marchés, lui qui a largement contribué au succès du géant obligataire américain. Les investisseurs peuvent continuer de le lire sur le site qu'il a créé peu de temps après son départ de la vie active.
Selon lui, le marché actions américaines pourrait perdre 10% l'an prochain, tandis que le rendement des obligations américaines à dix ans pourrait finir l'année autour de 1,75%, soit à peu près le même niveau qu'aujourd'hui. Pour l'ancien gérant, la réforme fiscale lancée par Donald Trump il y a deux ans (1500 milliards de dollars de réduction d'impôts sur dix ans) a permis de booster l'économie américaine de 1% environ. "Si l'économie américaine veut poursuivre sur la même dynamique, le déficit devra encore augmenter de 1.000 milliards de dollars l'an prochain", a déclaré Bill Gross. Qui estime qu'il est peu probable que le Président fasse de telles dépenses en 2020. Surtout, la Fed devrait sinon stopper du moins ralentir sa politique de soutien à l'économie. Or c'est bien la politique de taux bas menée par Jerome Powell depuis six mois (trois baisses de taux depuis juillet), qui a permis aux marchés actions de progresser. "Les cours boursiers ont augmenté d'environ 15 % en 2019 parce que les taux réels des bons du Trésor à 10 ans ont baissé de 80 points de base sur la même période", avait déclaré le gérant dans une précédente note sur l'évolution des marchés, publiée mi-octobre.
Quelques secteurs devraient cependant sortir du lot l'an prochain, estime le gérant. Qui conseille notamment d'investir dans les actions liées au gaz naturel, telles que Energy Transfer un opérateur de pipelines basé au Texas, ou MPLX. De manière plus générale, le gérant a recommandé aux investisseurs de se tourner vers des actifs offrant le paiement de solides dividendes, plutôt que d'investir dans les obligations, puisque les banques centrales ne devraient pas beaucoup plus baisser les taux l'an prochain.
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