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M&A : le millésime 2019 ne sera pas si mauvais
Les derniers mois n’ont pas été de tout repos pour les grandes banques d’investissement, qui ont dû tailler dans leurs effectifs pour compenser un environnement de marché difficile. Mais du côté des M&A, le ton change. Alors que l’activité a été plutôt atone depuis le début de l’année, plusieurs méga deals ont porté les marchés en début de semaine dernière : le broker en ligne américain Charles Schwab a annoncé racheter TD Ameritrade pour 26 milliards de dollars et le géant du luxe LVMH est enfin parvenu à jeter son dévolu sur le joaillier américain Tiffany pour 16,2 milliards de dollars. En y ajoutant la reprise de Medicines par le laboratoire Novartis (9,6 milliards de dollars), celle du hollandais Eneco par Mitsubishi (4,1 milliards d’euros) ou encore la vente de la billetterie en ligne StubHub par eBay pour 4 milliards de dollars, ce ne sont pas moins de 60 milliards de dollars d’opérations qui ont été annoncées au cours de ce lundi, riche en poignées de mains.
Si bien que malgré un millésime poussif jusqu’à présent sur le front des M&A, 2019 pourrait finalement revenir au niveau de 2018 en valeur. Selon Bloomberg, 26.371 transactions pour un total de 2.730 milliards de dollars ont été conclues pour le moment cette année, contre 30.225 pour 3.070 milliards de dollars l’an passé. Le marché n’a certes pas encore atteint le niveau très élevé de 2018, mais la dynamique, le fameux "momentum", est en tout cas favorable aux deals. De ce point de vue, le plus intéressant vient de la géographie des M&A : alors que les deals cross-border ont eu le vent en poupe ces dernières années, le Brexit et les tensions commerciales ont eu raison d’eux, puisqu’ils ne représentent plus que 1.000 milliards de dollars cette année, en baisse de près de 30 % sur un an.
Pourtant, plusieurs facteurs pourraient pousser les entreprises à faire fi de ces incertitudes pour acquérir des actifs hors de leurs frontières. En premier lieu, des niveaux de valorisation élevés en Bourse qui leur donnent un important pouvoir d’achat, mais aussi des taux d’intérêt à des niveaux bas historiques pour emprunter à très bon compte. Sans parler des niveaux de trésorerie record des multinationales, ou de la manne de poudre sèche détenue par les fonds de private equity.
En particulier, le déséquilibre qui s’est créé entre le niveau d’activité en Europe – encore timide - et aux États-Unis, où les records ne cessent d’être battus, pourrait se résorber, selon les conseils. Et les deals en Europe progresser, même si la hausse ne sera qu’à un chiffre, selon les prévisions de Bank of America. En tout état de cause, les récentes sorties du bois de LVMH ou Novartis montrent bien que, faute de croissance suffisante sur leur propre continent, les plus grands acteurs n’hésitent pas à se montrer proactifs et conquérants, malgré le contexte géopolitique.
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