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26 sociétés de gestion sont en défaut de fonds propres
Un rapport très pointu réalisé par l’Autorité des Marchés Financiers et publié ce matin révèle que 26 sociétés de gestion présentent – à partir de leurs comptes arrêtés au 31 décembre 2018 – une insuffisance en fonds propres. Cela est peu par rapport à l’échantillon de 591 sociétés de gestion passé en revue par les contrôleurs de l’AMF. Mais c’est tout de même préoccupant. D’autant plus que l’AMF souligne qu’on assiste à une baisse de 5,8 % entre 2017 et 2018 du nombre de sociétés de gestion disposant d’un coussin de fonds propres égal ou supérieur à 30 % du niveau requis.
La situation globale est plutôt satisfaisante. Puisqu’au 31 décembre 2018, 69 % des sociétés de gestion de portefeuille disposaient d’un excédent de fonds propres égal ou supérieur à 30 % de leur seuil minimum réglementaire contre près de 74 % en 2017. En dépit d’une érosion de la capitalisation des sociétés de gestion, liée au contexte de marché, ces chiffres témoignent ainsi de la robustesse et de la pérennité du secteur français de la gestion d’actifs. Rappelons que les fonds propres réglementaires doivent être placés dans des actifs liquides ou aisément convertibles en liquidités à court terme et ne comportant pas de positions spéculatives.
Malgré tout à la fin de l’année 2018, 4,4 % des sociétés de gestion étaient en insuffisance de fonds propres. Cette proportion est en hausse par rapport à 2017 mais reste relativement stable par rapport à ces dernières années. Le montant global de fonds propres manquant représentait à fin 2018 près de 15 millions d’euros. On peut noter que le défaut de fonds propres s’explique principalement par un résultat net faible ou déficitaire, enregistré par des sociétés de gestion en cours de démarrage de leur activité, présentant une fragilité financière à ce stade de leur développement.
Pour ces sociétés de gestion présentant une insuffisance de fonds propres, des mesures de remédiation immédiates ont été exigées. Ainsi, la majeure partie d’entre elles ont dû procéder à une augmentation de capital et, dans une moindre mesure, à la mise en place de fonds propres de catégorie 2 (prêt subordonné par exemple).
À noter qu’au 31 décembre 2018, les deux tiers des sociétés de gestion en défaut de fonds propres géraient moins de 150 millions d’euros d’encours contre les trois quarts en 2017. Dans un contexte de consolidation et de concurrence croissante du secteur de la gestion d’actifs français, les difficultés de collecte rencontrées par certains acteurs peuvent se traduire, au regard du résultat net, par une situation déficitaire en fonds propres. À cela s’ajoute une hausse des charges structurelles qui se traduit par une augmentation du seuil minimum réglementaire, et par conséquent par une situation délicate en fonds propres.
On peut noter une forte augmentation de la proportion des sociétés de gestion en défaut de fonds propres gérant plus de 500 millions d’euros : 23,1 % en 2018 contre 8,7 % en 2017. Cet accroissement s’explique pour la moitié des cas par les effets induits sur le besoin de fonds propres suite à des opérations de croissance externe. Les autres cas relèvent d’un mauvais ajustement des fonds propres à des frais généraux en forte augmentation. Ces défauts étaient pour la plupart mineurs et ont été immédiatement régularisés.
Enfin selon le rapport de l’AMF, on peut observer une prépondérance des structures entrepreneuriales parmi les sociétés de gestion en insuffisance de fonds propres. Au 31 décembre 2018, les sociétés de gestion en défaut de fonds propres étaient principalement des structures entrepreneuriales et dans une moindre mesure des filiales de prestataires de services d’investissement. Si l’on se réfère au nombre total de sociétés de gestion par catégorie, les conclusions restent les mêmes : 5,1 % des sociétés entrepreneuriales et 4,9 % des prestataires de services d’investissement sont en insuffisance de fonds propres contre à peine 2,1 % de sociétés filiales d’établissements de crédit.
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