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Politique économique / Jean-Paul Delevoye / Edouard Philippe / Matignon / Réforme des retraites / retraites

Politique économique
Jean-Paul Delevoye / Edouard Philippe / Matignon / Réforme des retraites / retraites

Jean-Paul Delevoye, les dessous d'un fiasco

L’ancien Haut-commissaire à la réforme des retraites a présenté sa démission ce midi. Depuis plusieurs jours, la situation politique était intenable.
Jean-Paul Delevoye
Jean-Paul Delevoye

Cette fois-ci, c’est officiellement terminé. Après plusieurs jours de révélations sur les "oublis" de Jean-Paul Delevoye, qui n’avait pas déclaré toutes ses fonctions - dont certaines rémunérées, ce qui est constitutionnellement interdit lorsque l’on est au gouvernement -, ce dernier a présenté ce midi, à l’issue d’une réunion à l’Élysée, sa démission au président de la République, qui a été acceptée dans la foulée.

Comme nous vous le révélons dans l’édition de ce lundi de la Lettre de L’Expansion, la situation politique devenait intenable : les parlementaires les plus acharnés, chargés de défendre la réforme dans les médias, se sont plaints que toutes les questions se rapportaient à l’affaire Delevoye. Une affaire qui parasitait une communication déjà laborieuse pour une réforme si mal engagée qu’elle a mis la totalité des syndicats contre elle, CFDT inclue. Ces plaintes vont évidemment jusqu’à Matignon, où les relations personnelles entre Édouard Philippe et Jean-Paul Delevoye ont toujours été mauvaises. Pourtant, le "soldat Delevoye" a été défendu jusqu’au bout : tout ce week-end encore, la quasi-totalité du gouvernement assurait les Français de "la bonne foi" du Haut-commissaire et de la "confiance" accordée par Emmanuel Macron. Mais rien n’y a fait.

Plusieurs questions politiques se posent désormais : l’Élysée a assuré vouloir remplacer "au plus vite" Jean-Paul Delevoye, alors qu’une manifestation organisée par l’intersyndicale aura lieu demain. Mais, désormais, quel intérêt à nommer à nouveau un Haut-commissaire ? Depuis le début des polémiques liées à Jean-Paul Delevoye, Matignon a repris en main le dossier de la réforme. Pour preuve, c’est Édouard Philippe qui mènera cette semaine le nouveau cycle de concertations avec les syndicats. Quel intérêt alors à nommer une nouvelle personnalité (dont les critères pour correspondre à la fonction sont nombreux) pour deux ou trois mois, le calendrier de la réforme étant fixé à février ? De plus, politiquement, l’exécutif est désormais affaibli : il faut donc accélérer le rythme pour ne pas que "l’affaire Delevoye" devienne un argument trop important pour l’opposition. Raison pour laquelle une nouvelle nomination "rapide" semble difficile.

Charge désormais à l’Élysée et Matignon de faire oublier cet incident, dont la gestion par l’exécutif a été, du début à la fin, extrêmement laborieuse. Avec cette démission, Édouard Philippe a désormais les rênes pour mener à bien les dialogues avec les syndicats afin d'éviter un blocage du pays à Noël et, in fine, faire passer la réforme des retraites sans faiblir sur "l’âge pivot", objet de discorde qui a réussi à faire battre le pavé à la CFDT de Laurent Berger.

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