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Macro-économie / Taux / Réforme des retraites / retraites / cotisation / Réforme

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Réforme des retraites / retraites / cotisation / Réforme

Le retour inattendu de la réforme des retraites

Tandis que la crise sanitaire avait mis fin à toute velléité du gouvernement pour mettre en œuvre son projet de réforme des retraites, Bercy en fait à nouveau une priorité. Un retournement difficile à interpréter.
Système des retraites
Système des retraites

"La priorité ce sont les retraites", juge le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. Alors qu’il n'était plus question de la réforme du début du quinquennat depuis juillet 2020 en raison de la pandémie, l'Élysée semble à nouveau déterminer à rendre des arbitrages liés aux retraites, comme cela a été évoqué par Emmanuel Macron lors de son déplacement dans le Lot, le jeudi 3 juin dernier. Un retournement dont tout le monde ignore la raison.

Premier postulat, l'approche de la publication des chiffres du Conseil d’orientation des retraites (COR) - qui ne sont pas bons - aurait décidé le gouvernement à réformer le système pour retrouver une situation d'équilibre. En effet, le déficit du système aurait atteint 18 milliards d’euros en 2020, soit 0,8 % du PIB, et une progression des dépenses de l'ordre de 0,8 % sur une année (en excluant l'inflation), selon les chiffres dévoilés deux jours en amont de leur publication officielle. Un déficit global en définitive moins alarmant que ce qui était attendu puisqu'au mois de novembre dernier, le COR estimait que le déficit annuel avoisinerait les 25,4 milliards d'euros, soit le double du présent constat. D'autant que, si l'on retranche à ce déficit le versement exceptionnel de 5 milliards du fonds de réserve des retraites, le déficit ne s'élève "plus qu'"à 13 milliards d'euros.

Autre postulat - bien que démenti par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire - les aides budgétaires de la Commission européenne seraient conditionnées de manière tacite à des réformes à l’initiative des États, et celle des retraites participerait à témoigner de la bonne disposition de l’Hexagone. En effet, 40 milliards d’euros doivent être versés par la Commission dans le cadre du Plan national de résilience (PNR) dont les premiers versements interviendront en juillet.

Le contenu de la réforme

Il demeure qu'à onze mois des élections électorales, les marges de manœuvre pour réformer le système sont étroites. Trois leviers peuvent être actionnés : la durée de la période de cotisation, le niveau des pensions et l’âge auquel on peut faire valoir ses droits. Il est à exclure qu’Emmanuel Macron acte une diminution des pensions, car cela impliquerait de se mettre à dos plus d'un tiers de l'électorat (part des retraités dans l'électorat français). Le gouvernement pourrait donc, au choix, jouer sur les deux leviers restants.

Première option : celle de prendre exemple sur ses voisins de l'Est en relevant l'âge de départ en retraite. Il sera en Allemagne de 67 ans à compter de 2029 et les possibilités de retraite anticipées de l'autre côté du Rhin seront également réduites. Une autre option serait d'accélérer la mise en place de la réforme Touraine de 2014 qui prévoit un allongement de la durée de cotisation. Les premières annonces du gouvernement semblent aller dans le sens d'une réforme de l'âge plutôt que de la cotisation.

Reste à affronter les syndicats qui seront forcément opposés à la réouverture de ce dossier. Compte tenu de son caractère épineux, difficile d'imaginer comment Emmanuel Macron parviendra à le traiter avant que ne se termine son quinquennat.

 

 

 

 

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