Politique économique / CFDT / Laurent Berger / Berger / Edouard Philippe / Retraite / Réforme des retraites
Politique économique
CFDT / Laurent Berger / Berger / Edouard Philippe / Retraite / Réforme des retraites
Les annonces d'Édouard Philippe provoquent la colère des syndicats, la mobilisation redouble de virulence
Ce qui devait être une discours de clarté sur la future réforme des retraites se transforme en lever de bouclier chez la quasi-totalité des syndicats français. Jusqu'ici réservée, la CFDT, par la voix de son secrétaire général Laurent Berger, attendait les précisions d'Édouard Philippe avant de commenter. Dès la fin de l'intervention du Premier ministre, celui qui était pourtant favorable - l'un des seuls - au principe du régime universel n'a pas supporté l'évocation de l'âge d'équilibre fixé à 64 ans. "Il y avait une ligne rouge dans cette réforme, c’était le fait de ne pas mélanger la nécessité d’une réforme systémique […] et la réforme paramétrique qui demanderait aux travailleurs de travailler plus longtemps, cette ligne rouge est franchie" a déclaré, en colère, Laurent Berger dans les couloirs du Cese. Et d'annoncer dans la foulée une réunion du bureau national du syndicat "qui décidera des actions de la CFDT dans les jours et les semaines à venir."
Les autres syndicats ne sont pas en reste : plus classiquement, la CGT menée par Philippe Martinez a estimé que le gouvernement s'était "moqué du monde". Conséquence du discours d'Édouard Philippe : la CGT-cheminots, premier syndicat de la SNCF, appelle à "renforcer la grève" dans un communiqué publié quelques instants après les annonces de Matignon. L'Unsa, deuxième syndicat au sein de l'entreprise ferroviaire, compte "élargir le mouvement" pour "l'installer dans la durée." Force Ouvrière appelle également à "renforcer la mobilisation."
Pourtant, le Premier ministre a fait des concessions, malgré deux ans de concertations et la nomination d'un Haut-commissaire à la Réforme des retraites Jean-Paul Delevoye. Alors que ce dernier, dans son rapport, prévoyait une application de la réforme aux personnes à plus de 5 ans de la retraite, Édouard Philippe a finalement annoncé que les personnes à moins de douze ans de la retraite seraient concernées pour la mise en place prévue en 2025. Le minimum de pension, également, a été fixé à 85% du SMIC, et non à 80% ou 81% comme évoqué, donnant un montant de 1.000 euros net dès 2022. Si des concessions ont été faites, des points ont été conservés "tels quels", comme par exemple la suppression des quarante-deux régimes spéciaux de retraite. Un subtil équilibre qui ne semble pas contenter les syndicats, tous réunis contre cette réforme. Le Premier ministre tentera ce soir, sur TF1, d'éteindre l'incendie syndical causé par ses annonces. En face de lui à la même heure sur France 2 ? Laurent Berger. Désormais, la confrontation semble inévitable.
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