Macro-économie / Taux / François Riahi / Natixis / BPCE
Macro-économie / Taux
François Riahi / Natixis / BPCE
2019 et 2020 vues par François Riahi
1. Que retenez-vous de l’année 2019 ?
Le fait majeur de 2019 est pour moi la simultanéité inédite de disruptions multiples : disruption technologique, bien sûr, qui conduit à des situations difficiles pour certains secteurs et à des valorisations extrêmement élevées pour d’autres, mais aussi géopolitiques, avec l’émergence d’un duopole americano-chinois à la fois concurrent et interdépendant. Disruption aussi dans la perception de l’urgence d’une transition énergétique, qui s’est beaucoup accélérée en 2019. Enfin, pour le secteur financier européen, disruption liée à des taux d’intérêt devenus négatifs probablement pour longtemps. Cette congruence des disruptions conduit à un niveau d’incertitude particulièrement élevé, qui est pourtant compatible avec des marchés quasi euphoriques.
2. Qu’espérez-vous ou que redoutez-vous pour 2020 ?
Ce que j’espère en 2020, c’est une accélération encore plus forte de la prise de conscience environnementale, qui ne conduise pas à un affrontement, mais à la réconciliation de l’économie de marché et de la soutenabilité, ce qui implique la mise en place des bons signaux prix (prix du carbone en particulier). Cela supposerait que le multilatéralisme, clairement en crise à l’heure actuelle, reprenne de la vigueur sous l’urgence et la revendication citoyenne climatiques. Ce que je redoute, c’est que l’Europe sorte de l’histoire en n’étant pas capable, après le Brexit, de se réinventer un avenir commun et non dominé par le duopole americano-chinois. Enfin, ce que je suivrai, c’est le résultat des élections américaines, qui auront un impact considérable sur la marche du monde.
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