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Parité/Femmes / sbf 120
Parité : il manque 281 femmes dans les comex du SBF120
Les chiffres que viennent de publier le cabinet Heidrick & Struggles démontre, s’il fallait encore le prouver, que les quotas sont indispensables lorsqu’il s’agit d’atteindre une parité au plus haut niveau des entreprises françaises. La première édition de cette étude "Sommes toutes" porte sur l’intégralité des entreprises du SBF 120 et montre que les femmes représentent seulement 19 % des comités exécutifs de ce groupe, et 20 % au sein du CAC40. Elles sont en particulier sous-représentées dans la santé et les sciences de la vie (15 %), l’industrie et services (16 %) et la technologie et télécommunications (17 %).
A l’image de ce qui a été imposé dans les boards par la loi Copé-Zimmerman, le Haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes (HCE) recommande d’instaurer un quota progressif de 20 % de femmes dans les comex du SBF 120 d’ici à 2022. Un objectif déjà atteint par 52 % du panel, soit 62 entreprises. Puis, de faire passer ce quota à 40 % d’ici à 2024. Seules sept entreprises sont déjà dans les clous : Mercialys, Danone, GTT, Wendel, Gecina, Maisons du monde et Suez. A l’inverse, 18 entreprises ne comptaient aucune femme dans leur comex au 15 décembre 2019. Ainsi, pour atteindre cette part de 40 %, il faudrait nommer 281 femmes, promues en interne ou recrutées en externe, au sein des comex du SBF 120.
Plus ennuyeux encore, l’étude révèle que seules 12 % des femmes ont des postes opérationnels dans ces comex, et la majorité d’entre elles occupent un rôle fonctionnel. Ainsi, elles représentent 45 % des fonctions marketing et communication, 41 % des RH et 38 % du juridique. Les femmes ne constituent enfin que 20 % des fonctions financières dans les comex de l’indice. Des profils qui ne les placent pas en première ligne pour être promues PDG de l’entreprise.
Pour évoluer vers plus de parité, les enseignements de la loi Copé-Zimmerman sont très instructifs : alors que la part des femmes dans les boards du CAC 40 n’était que de 10 % en 2009, la loi a fixé l’objectif à 40 % en 2017 et elles étaient désormais 45 % en 2019. Pour les comex, il s’agit de doubler les effectifs de femmes en quatre ans, une mission plus réaliste encore que pour les boards.
"L'effet d'entraînement attendu des instances de gouvernance vers les instances de direction n'a pas eu lieu", constatait déjà le HCE le mois passé, appelant à légiférer sur ces sujets sociaux complexes. Pour les comex, le défi sera néanmoins encore plus ambitieux, car les femmes ne peuvent cumuler plusieurs fonctions exécutives comme c’est le cas d’un mandat d’administrateur.
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