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Chine : le virus se propage, les marchés dégringolent
Le mystérieux virus chinois, au nom de code de "2019-nCov" dont la première victime a été découverte à Wuhan, dans le centre de la Chine il y a à peine un mois, est en train de se propager rapidement au pays et la région : les autorités sanitaires chinoises ont annoncé aujourd'hui un sixième décès lié à cette forme de coronavirus, tandis que d'autres cas ont été détectés dans les grandes villes comme Pékin et Shanghai, ainsi qu'à l'étranger, au Japon, en Thaïlande et en Corée du Sud. Au total 291 personnes auraient été contaminées depuis le premier cas. Alors que l'OMS se réunit demain pour déterminer si ce nouveau virus proche du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) est une urgence de santé publique de portée internationale, les marchés asiatiques redoutent visiblement que l'épisode SRAS, qui en 2013 avait fait 800 victimes, ne se reproduise.
Hier, l'indice de référence Hang Seng de Hong Kong a chuté de 2,8%, la plus importante baisse en une journée depuis le début de l'année, tandis que l'indice Shanghai Composite dégringolait de 1,7%. Le renminbi a lui perdu 0,6% par rapport au dollar. Certaines entreprises européennes fortement exposées à la Chine ont également été chamboulées par la crainte de propagation du virus hier : LVMH et Burberry ont ainsi toutes deux perdu plus de 3% chacune, tandis que Kering et Hermès perdaient de leur côté 1,3% et 1,2%. Le secteur des voyages et des loisirs en Europe était également dans le rouge hier.
Il est vrai que la situation est particulièrement préoccupante pour le pays comme pour les investisseurs, puisque l'épidémie survient au moment où la saison du nouvel an chinois commence (il débute le week-end prochain), avec des millions de touristes chinois voyageant à la fois en Chine et vers de nombreuses destinations touristiques asiatiques populaires. Certains pourraient donc être tentés d'annuler leur déplacement par crainte d'être contaminés. Les entreprises liées au voyage ont d'ailleurs fortement chuté en Asie, avec une baisse de 2,2% pour l'aéroport international de Shanghai, un recul de 3,2% pour Air China et de 3% pour China Eastern.
Il reste que des centaines de millions de Chinois ont déjà commencé à voyager en autocar, en train et en avion pour rendre visite à leurs familles avant la fête du Nouvel An, la plus importante de l'année en Chine. Or les autorités du pays n'ont pour le moment pas mis en place de restriction ou de précaution particulière, et sont même accusées de sous estimer volontairement le nombre de cas liés au virus.
Alors que le FMI a révisé hier à la baisse ses prévisions de croissance pour 2020 et 2021, les investisseurs sont également inquiets que cette nouvelle épidémie ne pèse sur la conjoncture mondiale. D'autant que la Chine serait naturellement la première affectée et qu'elle a déjà sensiblement ralenti l'an dernier, pour atteindre son plus faible niveau de croissance depuis 1990. Or en 2002-2003, le coût économique du SRAS a été estimé entre 0,5 et 1% du PIB annuel des économies touchées dans la région Asie Pacifique, selon une étude de l'Apec (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique). Dans une autre étude de 2009 intitulée "L'impact économique du SRAS en Chine", le directeur du "Centre for Health Economics Research & Modelling Infectious Diseases (CHERMID)" Philippe Beutels estimait ainsi à 8,5 milliards de dollars le coût pour la Chine, ce qui représentait alors 0,5% du PIB (1.660 milliards de dollars). Si ce nouveau virus n'est pas contenu à temps les risques pour la santé chinoise et celle de l'économie mondiale sont donc importants.
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