Macro-économie / Taux / Pwc
Macro-économie / Taux
Pwc
Les grands patrons ont rarement été aussi pessimistes
L’année 2020 s’annonce mal au dire des chefs d’entreprise qui convergent tous vers Davos. Le sondage effectué par PwC auprès de plus de 1 500 d’entre eux est le plus pessimiste depuis 2012. Sur le plan des affaires, bien sûr. Les grands patrons, semblent déstabilisés par l’incertitude globale qui s’est installée, aussi bien en politique que dans la sphère technologique. Et les plus pessimistes de tous, ce sont ceux issus d’Amérique du Nord. Ils sont plus des deux tiers à envisager un déclin de la croissance pour les douze prochains mois.
Selon ce sondage réalisé par PwC, 53 % des grands patrons de la Planète pensent que la croissance économique va continuer de s’affaiblir. Ce n’est pas anodin. D’autant qu’au cours des vingt dernières années, leur opinion, traduite par ce sondage annuel, s’est révélée un très bon indicateur de la conjoncture économique future. L’analyse de cette étude montre que les dirigeants d’entreprise n’ont pas confiance dans la manière dont les gouvernements tentent d’harmoniser les législations sur la défense de la sphère privée ou de la lutte contre les attaques informatiques. Ils craignent même clairement que le monde numérique ne soit de plus en plus fragmenté à l’avenir et éclate en différents univers.
Si l’avenir d’internet les préoccupe, les grands patrons ne croient plus du tout à l’autorégulation. Non seulement ils souhaitent voir les Etats voir jouer un rôle plus important. Mais en plus ils sont convaincus que c’est ce qui va se passer. Ils sont ainsi 71 % à être persuadés que les entreprises seront forcées par les gouvernements à mieux réguler le contenu sur internet et les médias sociaux. Ils sont même 68 % à penser que certaines sociétés dominantes (parmi les GAFAs) seront démantelées, comme le furent dans les années vingt les géants du pétrole américains. Et, plus intéressant encore, ils sont une petite majorité (51 %) à penser que les entreprises devront rétribuer les citoyens pour les données numériques qu’elles collectent.
Dans les préoccupations plus classiques, la peur de manquer de main-d’œuvre qualifiée s’accroît. Et les chefs d’entreprise avouent être en retard dans la mise en route de programmes de formation pour faire face à la numérisation et aux nouvelles opportunités offertes par l’intelligence artificielle. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine continuent d’avoir un très fort impact sur le moral des hommes d’affaires. Enfin, si le changement climatique ne figure pas dans le top 5 des préoccupations des patrons mondiaux, globalement, cette préoccupation a augmenté de 50 %, sauf aux États-Unis, le pays le plus sceptique avec ceux du Moyen-Orient.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

