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La valse des patrons

Depuis dix ans, le turnover des grands dirigeants n'a jamais été aussi important, particulièrement en Europe de l'Ouest. Beaucoup sont destitués pour des scandales ou des comportements inappropriés.
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C'est ce que révèle la dernière étude particulièrement éclairante de l'entité de conseil en stratégie du cabinet de conseil et d'audit PwC. Parmi les 2.500 plus grands groupes cotés en Bourse dans le monde, 17,5 % ont connu un changement de patron l'an dernier. C'est 3 points de pourcentage de plus que ce qui a été observé un an plus tôt. Et le phénomène est particulièrement prononcé en Europe de l'Ouest, où la hausse frôle la barre des 20 %.

Le plus inquiétant, c'est qu'une grande partie des départs provoqués des patrons l'ont été pour manquements à l'éthique. C’est-à-dire pour des scandales ou pour des comportements inappropriés de type actes frauduleux, corruption, délit d'initié, CV mensonger, désastre écologique et harcèlement sexuel, que ce soit de la part des dirigeants directement ou d'autres collaborateurs. Ils sont même plus nombreux que les patrons qui ont été remerciés pour des raisons de performances financières.

Le mouvement MeToo et l'intervention croissante des autorités réglementaires ont hautement participé à cette tendance. L'an dernier, on se souvient de Leslie Moonves, le PDG de la chaîne de télévision américaine CBS, qui après avoir été accusé d'abus sexuels a quitté la société, après un arrangement avec la direction. Mais aussi du départ avec effet immédiat de Thomas Borgen, le directeur général de la Danske Banke embourbée dans un vaste scandale de blanchiment d'argent. Mais surtout de l'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn, remplacé à la présidence du groupe pour toutes ses malversations financières.

Bien heureusement, la plupart des départs de chefs de la direction de longue date sont moins dramatiques ou moins lourds. La grande majorité des PDG quittent leur poste dans le cadre d'une succession planifiée et sont suivis par un initié de l'entreprise. La plupart des transitions se déroulent sans heurt, comme ce fut le cas chez Starbucks, où le fondateur et PDG à long terme Howard Schultz a été remplacé par Kevin Johnson. Ou chez Vanguard, où Bill McNabb a démissionné l'an dernier après dix ans au sommet et où le directeur des investissements Tim feature a pris le titre.

La rotation est plus élevée dans les entreprises de communication (24,5 %), les fournisseurs de matières premières (22,3 %) et d’énergie (19,7 %). Les entreprises du secteur de la santé en revanche connaissent le plus faible taux (11,6 %). En moyenne, les dirigeants d'entreprise ont 53 ans. Quelque 17 % des nouveaux patrons viennent d'une autre entreprise, et 15 % sont originaires d'un autre pays que celui de l'entreprise. Plus étonnant en revanche, seuls 33 % des dirigeants ont eu une expérience professionnelle à l'étranger, soit un chiffre en recul de 12 points par rapport à 2012.

 

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