Dirigeants, gouvernance / rémunération / Proxinvest / dirigeants / SBF120 / CAC 40 / Bonus / rémunération fixe
Dirigeants, gouvernance
rémunération / Proxinvest / dirigeants / SBF120 / CAC 40 / Bonus / rémunération fixe
2021, année de tous les records pour la rémunération des patrons / Ces derniers toucheront probablement moins en 2022
Si la rémunération des patrons du SBF 120, qui rassemble les plus grosses capitalisations boursières, avait logiquement diminué en 2020 en raison de l’impact de la crise sanitaire sur les résultats des entreprises auxquels sont indexés certains éléments de leur rémunération, force est de constater que l’année dernière, les dirigeants ont pu bénéficier de la reprise économique.
L’année 2021 est même, à tout point de vue, qualifiée d’historique par Proxinvest qui a publié, comme tous les ans, son rapport sur la rémunération des dirigeants du SBF 120 et du CAC 40.
Tous les records battus
Ainsi, le cabinet de conseil en votes pour investisseurs observe au titre de l’année 2021 une hausse de 22% de la rémunération totale moyenne des présidents exécutifs par rapport à 2019. Elle a atteint 4,5 millions d’euros l’année, un record depuis quinze ans. Celle des présidents exécutifs du CAC40 a augmenté de 52% par rapport à 2019 pour atteindre les 7,9 millions d’euros. A noter cependant que ces résultats tiennent compte de l’ensemble de la rémunération, à savoir la rémunération fixe, les bonus annuels, les jetons, les avantages en nature, les stocks options, les actions gratuites, l’intéressement en numéraire…
Concernant la rémunération fixe moyenne d’ailleurs, elle est en hausse de 1,5% dans le SBF 120 et de 4,2% dans le CAC 40 comparativement à 2019. Un plus haut historique dans chacun des indices, selon Proxinvest qui souligne surtout la hausse du bonus annuel moyen. Elle est de près de 20% dans le SBF 120 et de 33,6% dans le CAC 40. Là aussi, il s’agit d’un record.
La valeur moyenne des attributions d’options et actions progresse de 39,6% dans le SBF 120 par rapport à la période pré-pandémique, du jamais vu par le cabinet de conseil.
Teleperformance en tête pour la rémunération fixe
Dans le top 5 du classement des dirigeants les mieux payés figurent le directeur général de Stellantis, Carlos Tavares (66,7 millions d'euros dont un bonus annuel de 7,5 millions d’euros, le plus élevé du SFB 120), Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes (44,1 millions d'euros, dont 40,8 millions de rémunération actionnariale), Daniel Julien, président-directeur général de la société de centre d'appels Teleperformance (19,6 millions d'euros, dont 2,2 millions d’euros de rémunération fixe, soit la plus élevée du CAC 40, selon Proxinvest). François-Henri Pinault du groupe de luxe Kering arrive à la quatrième place avec 12 millions d'euros, le cabinet de conseil prenant en compte la convention d’assistance conclue avec la holding Artémis d’un montant de 6,3 millions d’euros, tandis que Paul Hudson, directeur général du laboratoire pharmaceutique Sanofi, a perçu 8,96 millions d'euros.
Sujet de contestation en assemblée générale
Pour rappel, la rémunération des grands patrons fait l’objet d’un vote en résolution lors des assemblées générales. Elle est donc acceptée par les actionnaires. Cette question a d’ailleurs été le premier sujet de contestation lors des assemblées générales de cette année. Celle d’Alexandre Bompard, président-directeur général de Carrefour, par exemple, n’a été adoptée qu’à 58,83% alors que celle de Carlos Tavares a été rejetée lors de l’assemblée générale de Stellantis, une décision qui n’a eu toutefois aucune conséquence puisque la société n’est pas juridiquement française.
De plus alors que certaines entreprises sont aujourd’hui pointées du doigt en raison de leurs "superprofits" et de leurs "super-dividendes", les rémunérations des dirigeants du CAC 40 devraient baisser cette année, selon la fintech Scalens. L’Hexagone est en outre classé à la cinquième place des dix pays européens, loin derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne où un dirigeant d’une société cotée percevra en moyenne 15 millions d’euros en 2022 selon Scalens.
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