Entreprises / Actions / M&A / dirigeants
Entreprises / Actions
M&A / dirigeants
Comment les dirigeants voient les M&A post-Covid
Quand la pandémie du coronavirus s’est propagée au monde entier et a porté un coup d’arrêt à l’économie, elle a aussi pris de court les entreprises et leurs dirigeants, qui étaient soit en pleine opération M&A, soit projetaient de le faire à court terme. En quoi cette crise a affecté les opérations en cours et comment voient-ils l’évolution des fusions-acquisitions dans un contexte où la menace d’une nouvelle vague plane ? C’est l’enquête qu’a menée Havard Business Review auprès de dirigeants de groupes de taille très diverse, 35% de 10 à 100 millions de dollars de revenus, 20% de 100 millions à 1 milliard et de 1 à 5 milliards de dollars, et enfin 25% de plus de 5 milliards.
Sur les opérations en cours, la majorité (51%) anticipe une pause temporaire des opérations, en attendant d‘en savoir plus sur l’ampleur de la crise et le timing d’une reprise. Mais si 14% d’entre eux mis en arrêt tous les deals, ils sont 12% à finaliser des process à un stade déjà avancé et 12% à le faire après avoir renégocié le prix ou des termes.
Sur les perspectives, les dirigeants ne sont pas dupes, ils estiment que les volumes de M&A resteront bas d’ici la fin de l’année et 51% pensent que le gel des transactions se poursuivra tant que les preuves d’une véritable reprise économique ne seront pas présentes d’ici à fin 2020. Mais une minorité d’insatiables (23%) jugent que cette crise n’a pas d’impact sur leur stratégie M&A et ont même l’intention d’accélérer pour profiter des opportunités et de niveaux de valorisation attractifs. Pour les acteurs les mieux armés, c’est l’occasion ou jamais de choisir des partenaires dans les segments ou sur les technologies les plus prometteuses et sortir gagnant du marasme ambiant. C’est ce qu’a fait Verizon en rachetant BlueJeans Network, une plateforme de vidéoconférences et événements.
Côté opérations, la majorité des sondés (57%) compte mener des opérations stratégiques de croissance similaires à ce qu’elles ont fait dans le passé, mais 49% veulent aussi se positionner sur des actifs distressed et 23% des deals de diversification, hors de leur cœur d’activité. Par ailleurs, ils sont 23% à envisager des cessions d’actifs pour financer des opérations. 40% des deals auront pour but une expansion géographique, 26% des économies de coûts et une consolidation et 6% seront des "mariages de survie".
Dans un environnement très incertain, la structure, les bonus liés à la croissance et la rétention des talents seront clés pour emporter une transaction. Sur les actifs affectés par la crise, l’acheteur devra se montrer créatif dans sa façon de valoriser, mais aussi faire un travail de fond sur les causes de cette baisse de revenus, et les objectifs de repris dans le business plan. Pour ce faire, une seule solution : muscler ses compétences M&A en interne, pour prendre en compte une série de données, de cibles et d’aléas jamais vus jusqu’à présent.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

