Dirigeants, gouvernance / Sodexo / Assemblée générale / Gouvernance / rémunération
Dirigeants, gouvernance
Sodexo / Assemblée générale / Gouvernance / rémunération
Sodexo fait passer la rémunération de départ de Denis Machuel
L’assemblée générale de Sodexo, qui s’est déroulée mardi, était dominée par un seul sujet : sa direction, alors que Denis Machuel a quitté ses fonctions de directeur général le 30 septembre, à la suite de l’annonce surprise (et sans justification) de son départ en plein milieu du mois de juillet.
Le sujet polémique concernait la rémunération de l’ancien responsable du groupe de restauration collective : la résolution 14 de l’AG d’hier portant sur la rémunération de 2021-22 de Denis Machuel prévoyait notamment une clause de non-concurrence de trois ans d’un montant de 3,42 millions d’euros, venant s’ajouter à des actions de performance d’une valeur de 2,9 millions, d’une rémunération fixe de 75 000 euros et d’un variable identique – soit un montant global de près de 6,5 millions d’euros. Les actionnaires ont malgré tout approuvé cette résolution, comme l’ensemble des résolutions de l'AG.
Le montant de la clause de non-concurrence avait pourtant fait tiquer. Deux agences de conseil en vote (Glass Lewis et Proxinvest) conseillaient de s’opposer à la résolution. L’engagement de non-concurrence a été modifié dans les clauses de départ de Denis Machuel début octobre : Sodexo a estimé que l’évolution du contexte depuis la crise sanitaire imposait d’accroître la protection des intérêts du groupe face au risque de concurrence. Il est donc passé de deux à trois ans (soit une longueur accrue de 50%) et son assiette de calcul a été doublée (24 mois du salaire fixe et de la rémunération variable – qui représente 100% du fixe – contre 24 mois du fixe initialement). Une augmentation jugée disproportionnée. Le Haut comité de gouvernement d’entreprise (HCGE), saisi par les administrateurs de Sodexo, avait lui-même émis un avis négatif sur cette modification substantielle.
En outre, le montant des actions de performance a semblé élevé au regard précisément de l’évolution du groupe et de son cours.
Ce n’est pas la première fois que Sodexo s’attire les foudres de certains observateurs des marchés : à l’arrivée de Denis Machuel il y a quatre ans, son prédécesseur Michel Landel avait bénéficié d’une clause de non-concurrence de 1,9 million d’euros.
Alors que les indemnités de départ très importantes passent de plus en plus mal auprès des actionnaires (surtout si l’entreprise n’a pas brillé en Bourse), certaines entreprises cherchent à les maquiller en gonflant artificiellement les clauses de non-concurrence dans les "packages" de départ. Cette pratique n’est pas passée inaperçue et commence, elle aussi, à faire grincer des dents.
Pas de nouveau DG avant 2022
Les actionnaires attendaient des avancées sur l’évolution de la procédure – dans l’idéal, le nom du successeur de Denis Machuel. Las, ils devront encore patienter.
Le recrutement "prend du temps et je ne pense pas être en mesure de donner un nom d'ici la fin de l'année", a annoncé Sophie Bellon, présidente du conseil d’administration du groupe fondé par son père en 1966 et qui assure l’intérim de la direction générale. "En juillet, nous avions annoncé être à la recherche d'un nouveau directeur général ou d'une nouvelle directrice générale, pour incarner la nouvelle étape du développement du groupe. Cette recherche progresse : nous avons aujourd'hui une liste resserrée de candidats, que nous étudions très sérieusement", a-t-elle précisé.
Les actionnaires ont par ailleurs approuvé la fixation du dividende de l’exercice 2020-2021, à deux euros par action, dont 0,8 euro à titre exceptionnel dans le cadre du programme de cessions d’activités non stratégiques.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

