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Régulation / Concurrence / prime macron

Régulation / Concurrence
prime macron

Que reste-t-il de la prime Macron ?

Quelques centaines d'euros et quelques milliers de Français. Le mouvement de révolte se poursuit et pourtant, le gouvernement Philippe a fait marche arrière sur une mesure que les entreprises et leurs salariés auraient préférée pérenne.
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

Le gouvernement Philippe a déclenché une grève de 46 jours sans interruption, en annonçant une réforme des retraites qualifiée d'universelle. Or, le conflit a beau perdre en puissance, de sorte que trains et métros circulent presque normalement, l'atmosphère s'alourdit. Les forces de l'ordre sont critiquées pour leurs "dérapages", des députés sont menacés, les Franciliens sont éreintés, et les divers essais de la SNCF de brader des billets pour se racheter n'y changeront rien.

Le nombre de sujets sociétaux est tel qu'il y a une mesure du Président de la République qui est largement passée à la trappe sans que le gouvernement ne reçoive de blâme pour cela. En effet, nous n'entendons plus parler de la Prime Macron, défiscalisée, désocialisée, et ciblée sur la tranche basse des salaires, qui avait calmé un temps la colère des Gilets jaunes, en permettant aux entreprises de verser jusqu'à 1.000 euros à leurs salariés au moment des fêtes l'an dernier. En mars 2019, les premiers chiffres de l'Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale, qui pilote le réseau des Ursaff) tombaient. Les entreprises s'étaient prêtées au jeu, et ainsi, environ cinq millions de salariés bénéficiaient de la prime exceptionnelle, pour un montant global de 2,2 milliards d'euros.

Certes, ce nouveau système de bonus, basé sur le seul volontariat des sociétés, a été reconduit en 2020, mais il est maintenant conditionné à la signature d'un accord d'intéressement qui a fait chuter l'enthousiasme des employeurs. Il s'agit d'un dispositif facultatif d'épargne salariale, mis en place par voie d'accord avec les salariés et qui les associe aux résultats ou à la performance de l'entreprise. Un astérisque en bas de page qui renvoie à des modalités administratives contraignantes, malgré la tentative de l'État de simplifier les démarches en créant un site dédié au dépôt des dossiers.

Ainsi, selon un sondage réalisé par le Syndicat des indépendants, 87% des patrons des micros entreprises déclarent qu’ils ne pourront pas verser la prime Macron en 2020 et 81% d’entre eux auraient pourtant été prêts à le faire si les conditions n’avaient pas changé. Or, c'était justement les TPE et PME qui avaient joué le jeu l'an dernier, par rapport aux grandes entreprises. En 2019, les petites entreprises avaient versé 560 euros à leurs salariés, soit 159 euros de plus que le montant de la prime versée moyenne.

Invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV le 19 décembre dernier, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, a déclaré sur ce sujet : "Cette année, je me désole. Nous avions un système qui marchait bien, unilatéral, sans charges, sans complications. Et en France quand il y a un truc qui marche, qu'est-ce qu'on fait ? On le change évidemment. L'administration de Bercy a mis son grappin là-dessus. C'est une perte d'opportunités. J'ai très peur qu'au premier trimestre 2020, cette prime Macron soit versée beaucoup moins, et uniquement par les grandes". Les chiffres nous diront bientôt si les sondages ont été le reflet d'une situation réelle, celle d'un désengagement des patrons de la mesure, las d'un dispositif peu lisible.

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