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Davos : la priorité climatique est-elle crédible ?

Pour la cinquième édition du Forum économique mondial qui se tient à Davos, en Suisse, jusqu'à ce soir, la lutte contre le dérèglement climatique figure en tête de la liste des priorités établies. Le risque est grand que cet appel à la responsabilité se retourne contre les dirigeants.
Davos (Crédits : DR)
Davos (Crédits : DR)

Dans un futur proche, la Terre sera de moins en moins accueillante pour l'humanité qui connaît une grave crise écologique. Adam Smith nous disait que la somme des actions individuelles, guidées par l’intérêt personnel de chacun, contribue à la richesse et au bien commun. L’Histoire climatique lui donne tort et au-dessus, l’écologie politique n’est pas plus utile. Aux quatre coins du monde, les pays refusent à raison les mesures chocs, souvent injustes pour les populations les plus vulnérables - par exemple dans le cas d'une fiscalité dissuasive sur les combustibles -, de sorte qu’il ne reste plus que les entreprises pour réformer le système actuel de consommation-production.

Au contraire des politiques et des citoyens, pour qui il y aura toujours une bonne raison de ne pas agir, les entreprises, guidées par le but intrinsèque de la création de valeur, devront s'employer à satisfaire, séduire et fidéliser des consommateurs conscients. Il n'est plus à prouver que le développement durable est également un axe de développement commercial, et plus encore, les parties prenantes de l'entreprise pourront se substituer à un État régulateur déficient et des citoyens qui s'épuisent à s'organiser. Non pas parce que les entreprises veulent sauver la planète, mais parce qu'elles veulent se sauver elles-mêmes. C'est bien pour cette raison que Klaus Schwab a fait de l'environnement l'une des priorités de cette cinquième édition du Forum économique mondial, qui se tient comme chaque année en janvier dans la station de sports d’hiver des Alpes suisses.

Le 14 janvier dernier, Larry Fink, PDG du plus important gestionnaire d'actifs au monde BlackRock et qui passe de temps à autre à Davos, publiait une lettre aux décideurs dans lequel il reconnaissait que “le changement climatique est devenu une donnée déterminante pour les perspectives des entreprises à long terme”. Le lendemain, le Forum économique mondial rendait public son Rapport sur les risques mondiaux, dans lequel les menaces liées au climat et à l’environnement raflent pour la toute première fois les cinq premières places par leur degré de probabilité des entreprises. Voilà pourquoi les invités de Davos qui ont chacun déboursé 63.000 euros pour assister au Forum, ne peuvent plus faire semblant d'avoir une conscience écologique, car les solutions d'investissement les plus durables sont désormais aussi les plus rentables.

À Davos, il est désormais déconseillé de recourir aux jets privés et aux contenants en plastique à usage unique, sans que cela ne soit interdit. Mercredi - et seulement le mercredi -, il n'y avait ni viande ni poisson dans les milliers d'assiettes servies. Voilà pour les efforts. Pourtant, au-delà du fait que ce soit dans leur intérêt purement financier, les chefs d'entreprise, en tant que membres de "l'élite de Davos", ont aussi la responsabilité de donner l'exemple en prenant des mesures audacieuses et immédiates pour réduire les émissions. Mais il y a de quoi être inquiet, comme le démontre une enquête faite par le cabinet d'audit PwC, publiée en amont du Forum, qui comme chaque année, a sondé les chefs d'entreprise du monde entier sur leur vision de l'économie mondiale. Parmi les principales menaces pesant sur leur entreprise, les patrons évoquent les réglementations excessives, suivies par les conflits commerciaux et les incertitudes liées à la croissance, sans que l'environnement ne soit cité. C'est dire l'écart entre la perception des risques des grands dirigeants et la réalité des choses.

Toujours à ce sujet, David Solomon, le directeur général de Goldman Sachs, qui a récemment travaillé sur l'introduction en Bourse du géant pétrolier Saudi Aramco, a déclaré que sa banque ne "tirerait pas la ligne" en refusant de conseiller les clients qui sont de grands pollueurs. Heureusement, il y a Donald Trump. Le président des États-Unis, qui a qualifié le réchauffement climatique de canular, qui a démantelé l'Agence américaine de protection de l'environnement, et a fait reculer d'innombrables réglementations environnementales, va faire planter 1 trillion d'arbres, a-t-il annoncé à Davos, devant le très controversé Monsanto, important partenaire du Forum, dont les représentants étaient présents dans la salle.

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