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Evenements / Société Générale / BNP Paribas / Crédit Agricole / bred banque populaire

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Société Générale / BNP Paribas / Crédit Agricole / bred banque populaire

Raison d’être : un exercice utile mais insuffisant

Mardi, la Société Générale a publié sa raison d’être, introduite par la loi Pacte, qui vise à "construire ensemble, avec nos clients, un avenir meilleur et durable". Mais les banques françaises doivent aussi prendre des décisions plus concrètes, à l’instar de ce qu’a fait Goldman Sachs.
Société Générale
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C’est l’exercice auquel doivent se livrer les grandes banques françaises qui ont aujourd’hui plus de mal à recruter dans les métiers financiers, notamment en raison de la réputation de ce secteur. Mardi, Société Générale a publié sa fameuse "raison d’être", ce concept introduit par la loi Pacte l’an passé et qui ouvre la possibilité d’intégrer des objectifs sociaux et environnementaux dans les statuts de l’entreprise. Le conseil d’administration de la banque rouge et noire a adopté ce credo : "Construire ensemble, avec nos clients, un avenir meilleur et durable en apportant des solutions financières responsables et innovantes."

Frédéric Oudéa, le directeur général, rappelle que ce slogan est le "fruit d’une réflexion collective sur le rôle que notre entreprise entend jouer dans une perspective de long-terme", 155 ans après sa création, et "agira comme la clé de voûte de nos choix stratégiques". Puis elle détaille ses engagements et ses valeurs, notamment sur l’environnement, celle d’être "un acteur moteur dans le financement des énergies renouvelables, le développement durable de l’Afrique, le renouvellement des villes et de leurs infrastructures ou l’émergence de nouvelles mobilités partagées et décarbonées".

Société Générale n’est pas la première banque à se prêter à l’exercice. En juin dernier, Crédit Agricole avait ouvert le bal en définissant sa raison d’être comme "agir chaque jour dans l'intérêt de nos clients et de la société". Pour Banque Populaire, la proximité a primé : "Résolument coopérative et innovante, Banque Populaire accompagne dans une relation durable et de proximité tous ceux qui vivent et entreprennent dans chaque territoire". Et en début d’année, BNP Paribas a aussi élaboré sur sa mission, qui est de "contribuer à une croissance responsable et durable en finançant l’économie et en conseillant ses clients de manière éthique".

Certes, cet exercice de communication a poussé les intéressées à se replonger, avec l’ensemble de leurs collaborateurs et clients, sur leurs valeurs et leur vision à plus long terme, loin des objectifs de rentabilité et dividende trimestriels. Mais il montre aussi ses limites, car les banques doivent aussi prendre des décisions concrètes sur ces engagements. Cela passe par l'arrêt du financement des activités polluantes, une proactivité sur les projets environnementaux et de développement durable, mais aussi par de la diversité.

À cet égard, les banques françaises ont à apprendre de leurs pairs anglo-saxons, à l’instar de Goldman Sachs qui a indiqué qu’il ne conseillerait plus d’IPO de groupes ayant un board 100% blanc ou masculin. Ou encore de BlackRock, le plus gros gérant d’actifs au monde qui oblige ses participations à faire bouger leurs lignes, en votant par exemple contre des nominations de boards masculins. Faute d’une action politique suffisante, les banques françaises sont plus que jamais attendues au tournant de cette quête de sens. Elles en ont les moyens mais aussi le devoir.

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