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Un polytechnicien comme nouveau DG de Getlink
L'ex Eurotunnel, rebaptisé Getlink depuis novembre 2017 et notamment chargé de l'exploitation du tunnel sous la Manche, a bien choisi son jour pour dévoiler un changement de direction. À quelques heures de la sortie définitive de la Grande-Bretagne de l'UE, l'entreprise a ainsi annoncé que les postes de président du conseil d'administration et de directeur général seraient dissociés à compter du 1er juillet prochain. Le PDG Jacques Gounon demeurera président mais l'opérationnel sera confié à Yann Leriche, un cadre de Transdev.
Jacques Gounon, 66 ans, avait fait part début 2018 de son intention de dissocier ainsi les postes de direction. Il envisageait alors la passation dans "la troisième année", c'est-à-dire avant 2021, et avait présenté son adjoint François Gauthey comme son dauphin. Le conseil d'administration a finalement désigné Yann Leriche au poste de directeur général.
Né en 1973, ce polytechnicien également diplômé des Ponts & Chaussées est directeur général de l'opérateur de transports Transdev (filiale à 66% de la Caisse des dépôts) pour l'Amérique du Nord et responsable du développement mondial des activités de véhicules autonomes du groupe, où il est arrivé en 2008 après avoir travaillé chez le constructeur ferroviaire Bombardier.
Le groupe, qui comprend à la fois les activités des marques commerciales Eurotunnel, Europorte, premier opérateur privé de fret ferroviaire en France, et ElecLink, future interconnexion électrique entre la Grande-Bretagne et la France via le tunnel sous la Manche, ainsi que CIFFCO, premier centre de formation privé dédié aux métiers du ferroviaire, a su faire face aux trois dernières années d'incertitude liées au Brexit. Événement qui a naturellement constitué un sujet majeur de préoccupation pour l'équipe dirigeante depuis l'été 2016, puisque l'éventualité d'un cliff edge Brexit (encore possible si aucun accord n'est trouvé fin 2020) aurait notamment eu des répercussions très importantes pour la fluidité de la circulation au moment du passage de la frontière, qui a lieu juste avant que les véhicules n'entrent dans le tunnel.
138 milliards d'euros de marchandises transitent chaque année par le tunnel sous la Manche, soit 26% des marchandises entre le Royaume-Uni et l'UE. Le réseau ferroviaire Eurotunnel est même le plus sollicité au monde avec 340 trains en moyenne par jour, rappelle le groupe dans un document publié cette semaine, destiné à faire le point sur la situation par rapport au Brexit. Afin d'éviter tout risque d'embouteillage lié à des contrôles douaniers accrus si le Royaume-Uni ne trouvait pas d'accord sur les tarifs dans les onze prochains mois, le groupe a ainsi développé une "frontière intelligente", créée en collaboration avec les douanes. Frontière qui permettra éventuellement d'effectuer les contrôles additionnels vétérinaires et phytosanitaires, sans allonger la file d'attente, grâce à un système de scan des plaques d'immatriculation et des documents du transporteur, directement envoyés aux douanes sur place qui peuvent décider ou non de contrôles supplémentaires.
Grâce à tous ces développements, le groupe estime qu'il devrait pouvoir faire face à tous "les cas de figure et tous les horizons de temps". Le chiffre d'affaires de l'entreprise a progressé de 0,5% en 2019 malgré le divorce en cours du Royaume-Uni avec l'Union européenne.
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